À cause de Wagner, Paris et Bamako au bord de la rupture

À cause de Wagner, Paris et Bamako au bord de la rupture
La relation entre la France et le Mali est tendue. Depuis quelques mois, les deux pays ne s’entendent quasiment sur rien. Mais la situation s’est empirée avec l’annonce de l’arrivée d’une société privée au Mali pour aider le pays dans la lutte contre les groupes djihadistes. Confrontée à une insurrection menée par des groupes armés terroristes liés à Al Qaïda et à l’État Islamique, le Mali a perdu le contrôle des 2/3 de son territoire.
La présence des forces françaises qui sont au nombre de 5.100 sera réduite et l’opération Barkhane sera remplacée par une coalition internationale anti-terroriste. Cette réorganisation des militaires français n’agrée pas du tout Bamako. Dans son discours prononcé devant la tribune des Nations-Unies, le Premier ministre de la transition a revendiqué cette position. « C’est par les médias que nous avons appris comme tout le monde alors que nous avons un accord de défense. Deuxièmement, les raisons qui ont été avancées doivent être discutées avec les partenaires », fustige Choguel Maïga qui a aussi déploré la réponse de Paris sur la question du dialogue avec les groupes terroristes. « Quand on annonce la suspension des opérations militaires au motif que le gouvernement malien serait en train de discuter avec les djihadistes, il fallait au moins échanger avec le gouvernement malien parce que c’est une demande forte de plusieurs années du peuple malien », poursuit le chef du gouvernement qui précise qu’il n’a jamais été questions pour le régime de la Transition de remettre en cause les opérations militaires de lutte contre le terrorisme. Pour toutes ces raisons, les autorités maliennes semblent s’être rapprochées de la Russie.
L’agence de presse Reuters révèle les discussions entre le Mali et le groupe paramilitaire russe Wagner pour l’envoi de 1000 mercenaires qui seraient utilisés pour la protection des personnalités du régime et la formation des forces militaires. La France menace de se retirer du pays si les russes de Wagner sont associés à la lutte contre le terrorisme. Ce qui ne semble pas assez dissuasif pour Bamako qui, par la voix du chef du gouvernement annonce que des accords seront bientôt signés sans mentionner le nom de la structure avec laquelle le pays a décidé de travailler. Selon Choguel Maïga, c’est la suite logique du lâchage en plein vol de Paris. Un terme qui a mis le président français sur ses grands chevaux.  
En marge du dîner de clôture de la saison Africa 2020, Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots : « j’ai été choqué. Ces propos sont inadmissibles (…) qu’hier, nous avons présidé l’hommage national au sergent Maxime Blasco (mort au Mali dans un accrochage avec un groupe djihadiste). C’est inadmissible. C’est une honte et ça déshonore qui n’est même pas un gouvernement ». Très remonté, le patron de l’Elysée rappelle que « sans la France, le Mali serait dans la main des terroristes ». Malgré cette colère peu dissimulable, le président français rassure quant à l’avenir de la présence de son pays au Mali. Mais à condition que les autorités locales prennent leurs responsabilités. 
La Russie doit sans doute exulter au moment où les opérations de recrutement de Wagner en direction du Mali auraient atteint leur vitesse de croisière…
 


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