Entretien / Youssou Diallo (Président du Club Sénégal Émergent) : « L’étude de l’ANSD montre qu’il y a des progrès importants mais relativement, en dépit d’une réduction, la pauvreté est aussi importante dans le pays. »

Dans cet entretien, Youssou Diallo, le président du club Sénégal Émergent revient largement sur le rapport de l’enquête sur les conditions de vie des ménages au Sénégal. Pour le PCA de la Sonacos, contrairement à ce que pensent les gens sur le rapport publié par l’ANSD, le taux de la pauvreté a considérablement diminué depuis l’arrivée du président Macky Sall au pouvoir en 2012.

Entretien / Youssou Diallo (Président du Club Sénégal Émergent) : « L’étude de l’ANSD montre qu’il y a des progrès importants mais relativement, en dépit d’une réduction, la pauvreté est aussi importante dans le pays. »

Un rapport publié par l’ANDS fait état de plus de six millions de personnes touchées par la pauvreté au Sénégal. Quel commentaire ?

 

Je crois que les chiffres sont effarants. Car dans un pays comme le Sénégal quand un sénégalais lambda entend parler de six millions de pauvres au Sénégal, cela va comme si c’est le monde qui s’effondrait. Pour ceux qui sont les partisans du pouvoir et qui ne maîtrisent pas certaines questions de développement et de l’économie, pour eux c’est comme s’ils avaient un système qui fabriquait des pauvres. Par contre ceux qui sont dans le camp de l’opposition, c’est presque du pain béni, alors que les chiffres ne veulent rien dire en eux mêmes.  

 

C’est-à-dire qu’un chiffre traduit une réalité. De ce point de vue, il faut aller au-delà des chiffres. Quand on donne un chiffre comme ça, on peut lui faire dire ce qu’on veut. Parce que six millions d’une population de dix millions, ce n’est pas la même chose que six millions d’une population de cent millions. Ça n’a pas la même signification et cela veut en d’autres termes qu’un chiffre doit être référé, d’abord sur le plan temporel et ensuite sur l’espace et en plus de cela un chiffre doit être expliqué et relativisé pour avoir un sens.

 

Est-ce que cela dit que vous remettez en cause les chiffres publiés par l’ANSD ?

 

Non pas du tout. L’ANSD est une agence gouvernementale qui est crédible et dont les chiffres sont quasiment rarement contestés. C’est des scientifiques qui ont été recrutés de façon rigoureuse comme d’ailleurs l’administration sénégalaise. Donc les chiffres de l’ANSD sont crédibles. Maintenant, c’est l’interprétation qui a été faite qui fait défaut. Et je pense que ce qu’il faut faire c’est d’aller au-delà des chiffres

 

Quelles interprétations faites-vous de ce rapport ?

 

Je veux dire d’abord que les chiffres de l’Ansd sont crédibles et que tout le monde accepte, mais il faudra sur le plan temporel savoir de quelle période parle l’Ansd. C’est une période qui va de 2011 à la fin de la période 2018. Donc c’est bien encadré dans le temps et l’ANSD parle d’un pays comme le Sénégal à travers l’ensemble de ses régions. 

 

Si on examine bien les chiffres, ce que cela donne, c’est que si en valeur absolue il y a par rapport à une population en 2018 qui est de plus de quinze millions d’habitants, il y a à peu près de six millions de pauvres, alors qu’en 2011, le nombre de pauvres sur à peu près de treize millions d’habitants, était de cinq millions. Si on fait la différence, on peut dire que dans l’absolu, entre 2018 et 2011, le nombre de pauvres au Sénégal a cru de deux cent mille. Mais là, on ne prend pas compte aussi l’aspect inverse. Combien de sénégalais sont dans la pauvreté entre 2011 et 2018. Ce qui le donne, c’est la comparaison entre le taux de pauvreté en 2011 et le taux de pauvreté en 2018. 

 

Le taux de pauvreté c’est le nombre de pauvres total sur le total de la population multiplié par cent pour bien sûr avoir un pourcentage. Et en 2011, nous avions à peu près 44, 75% de pauvres au Sénégal. Vous venez en 2018, nous avons une population de plus de quinze millions d’habitants, le nombre de pauvres fait six millions, vous prenez le nombre de pauvres en 2018, vous êtes à 38,05%. Donc le taux de pauvreté a diminué de 6,05%. Cela traduit en nombre, environ six cent mille Sénégalais sortis de la pauvreté entre 2011 et 2018. Donc même si on fait la balance, il y a une balance positive d’individus sortis de la pauvreté de plus de quatre cent mille personnes. Voilà ce que les chiffres ou les titres des journaux n’ont pas expliqué.

 

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via DAKARACTU

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