Mondial-2022: l’accueil des supporters, un “défi risqué”, dit le patron d’Accor

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Gérer l’accueil des supporters pendant la Coupe du monde de football au Qatar représente un “défi” et un “risque” pour le groupe hôtelier Accor mais son PDG Sébastien Bazin n’est “pas inquiet”, a-t-il assuré à l’AFP mercredi à Doha.

Avec plus d’un million de visiteurs attendus dans le petit mais riche émirat du Golfe entre le 21 novembre et 18 décembre, les infrastructures hôtelières ne sont pas suffisantes pour accueillir à la fois les organisateurs, les équipes, les officiels et les spectateurs, ce qui inquiète certains supporters.

Plutôt que des hôtels, le sixième groupe hôtelier mondial, choisi en octobre pour superviser l’offre d’hébergement pendant le tournoi, prépare donc environ 25.000 appartements comprenant 65.000 chambres.

“C’est un énorme défi logistique parce qu’il faut recréer des chambres d’hôtel dans les appartements qui n’en étaient pas”, a expliqué à l’AFP le PDG d’Accor, dont le fonds souverain du Qatar détient une partie du capital.

Présent dans 110 pays avec quelque 5.300 hôtels (Novotel, Sofitel, Mercure, Raffles, Fairmont, etc.), Accor achemine vers le Qatar 500 containers remplis de mobilier, des lits aux petites cuillères.

“La moitié sont déjà arrivés à Doha et sont en train d’être déployés, et les autres sont sur des bateaux”, précise M. Bazin, en marge du Qatar Economic Forum.

Autres tâches à accomplir: “Créer des espaces de réception pour accueillir les gens quand ils arrivent et s’en vont, ce qui n’est pas prévu” dans les logements dont Accor a hérité, instaurer un système “pour ouvrir ces appartements de manière digitale et non pas avec une clé” ou encore trouver des solutions pour laver “150 tonnes de linge par jour”.

– “Gérer l’imprévu” –
A moins de cinq mois du tournoi, “le risque est là (pour la réputation du groupe) et, de toute façon, rien ne se passera comme prévu”, prévoit M. Bazin. Mais “je ne suis pas inquiet”, affirme-t-il.

“On était là pour les Jeux olympiques à Rio (en 2016), on était à Moscou (pour le Mondial-2018), on était à Sotchi (pour les JO-2014), donc on sait très bien gérer l’imprévu”, souligne-t-il.

“On a tous les moyens financiers, humains et technologiques pour trouver les solutions”, assure le PDG d’Accor.

L’autre difficulté du Mondial au Qatar est “le rapport entre la taille du pays et les gens qu’ils vont recevoir”, poursuit-il, avec plus d’un million de visiteurs attendus pour 2,8 millions d’habitants, dont environ 90% de travailleurs étrangers.

Selon M. Bazin, “pour gérer toute la logistique, on ne peut pas uniquement se reposer sur la population locale, d’où le fait qu’il faut faire venir énormément de gens” d’Afrique, d’Indonésie, des Philippines, d’Amérique du Sud, de l’Europe de l’Ouest et de l’Est.

Début mai, Accor, qui compte 230.000 collaborateurs dans le monde, travaillait avec 30 personnes dans le pays. Le 22 juin, ce nombre était monté à 3.200, avant d’atteindre plus de 12.000 pour l’événement.

– “Qatar bashing” –
Ces personnes sont embauchées par le comité d’organisation du Mondial mais formées par le groupe hôtelier.

Alors que les conditions de travail et de vie des travailleurs migrants au Qatar ont été critiquées par des ONG depuis l’attribution du tournoi en 2010, “on connaît les conditions d’hygiène, l’air conditionné qui est mis en place, la logistique en termes de nutrition (…) vous pouvez dormir tranquille, on va être là pour ces gens-là”, promet M. Bazin.

A l’unison des organisateurs du Mondial, le PDG d’Accor (qui compte parmi ses actionnaires le fonds souverain du Qatar, détenant 11,3% du capital) dénonce un dénigrement du pays. “Ca amuse beaucoup de gens mais je n’ai pas vu beaucoup de preuves”, avance-t-il. “Et donc on va tout faire pour que ce +Qatar bashing+ soit en fait totalement erroné.”

La pandémie de Covid-19 a aggravé la pénurie de main d’oeuvre dans le secteur de l’hôtellerie-restauration et le dirigeant souhaite que les personnes formées pour l’occasion “continuent à jouer un rôle chez Accor en dehors de la Coupe du monde” en leur donnant “un boulot dans tous leurs pays respectifs.”

“Je pense qu’on est capables de le faire”, assure-t-il.


www.dakaractu.com

via DAKARACTU

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