« Monsieur Moustapha Guirassy et l’ex-capitaine Oumar Touré ont vraiment bon dos »

« Monsieur Moustapha Guirassy et l’ex-capitaine Oumar Touré ont vraiment bon dos »
Il avait fortement contribué à faire radier l’inspecteur des impôts et domaines Ousmane Sonko. Il aurait joué le même rôle dans le traitement particulièrement diligent du dossier de Khalifa Ababacar Sall et ne cachait pas sa joie devant la lourde peine de prison qui le privait de ses droits civiques et, partant, l’éliminait de la course à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Il ne rate d’ailleurs aucune occasion pour rappeler le supposé délit qui lui a valu cette sévère condamnation. Aujourd’hui, il est des Sénégalaises et des Sénégalais qui mettent tout en œuvre pour faire connaître le même sort à Ousmane Sonko qu’il ne porte vraiment pas dans son cœur. D’ores et déjà, il clame partout, haut et fort, qu’il est totalement responsable de la mort des quatorze jeunes compatriotes intervenue lors des malheureux événements du 3 mars 2021. Il ne s’arrête pas en si bon chemin. C’est au tour de l’ex-capitaine Oumar Touré d’en prendre pour son grade. Peut-être trouve-t-il son fameux procès-verbal favorable à Ousmane Sonko dans cette affaire qui nous empoisonne l’existence pour presque rien.

L’ex-capitaine, rappelle Moustapha Diakhaté – c’est bien de lui qu’il s’agit –  ne peut pas dispenser des enseignements aux enfants de la République, parce que « radié des cadres du prestigieux corps de la Gendarmerie pour fautes lourdes contre l’honneur, la probité et les devoirs généraux du militaire commises dans l’exercice de ses fonctions et versé dans les réserves comme soldat ». Il s’en prend ensuite à l’Institut africain de Management (IAM) qui a commis « une faute morale » en le recrutant car, selon lui, ce recrutement est « un outrage à la République ». Et, pour se faire plus explicite, il ajoute : « Dans une République, une école sérieuse ne peut offrir à un traitre à la gendarmerie (…) la possibilité d’exercer le noble métier d’enseignant ».

C’est terrible, c’est énorme. C’est comme si ce Moustapha Diakhaté ne vit pas au Sénégal ! C’est comme si, pendant huit ans, il n’a pas fait compagnonnage avec le vieux président-politicien ! C’est comme si, pendant le même nombre d’années, il n’a pas été le Président du Groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar puis l’un des plus proches collaborateurs du président-politicien Jr ! C’est ce Moustapha Diakhaté qui fait la morale aux autorités de l’IAM, en insistant sur la « faute lourde » qu’elles auraient commise en recrutant ce « traitre à la gendarmerie ». Ce n’est pas tout : il ose considérer ce recrutement comme « un outrage à la République ».
Des deux choses l’une : ou M. Diakhaté est foncièrement malhonnête, ou il ne connaît pas ce pays où il vit. Je suis sûr que, dans leur for intérieur, des gendarmes vont se moquer de lui, quand il insiste sur la lourdeur de la faute de l’ex-capitaine « contre l’honneur, la probité et les devoirs généraux du militaire commises dans l’exercice de ses fonctions ». Eux se connaissent très bien, et ne s’attardent pas sur cette faute de l’ex-capitaine, même lourde. Foofu laa mana yam, je ne veux pas courir de risques. Je fais partie du camp des « Kumba amul ndey ». De même, il ne connaît rien, vraiment rien dans le métier d’enseignant quand il affirme que « dans une République, une école sérieuse ne peut offrir à un traitre à la gendarmerie (…) la possibilité d’exercer le noble métier d’enseignant ». J’ai fait une quarantaine d’années dans ce corps dont j’étais fier et, même à la retraite, je continue d’avoir l’œil sur son fonctionnement. Je suis sûr que l’école sénégalaise ne serait pas loin d’être meilleure aujourd’hui, si elle comptait dans ses différents corps de nombreux ex-capitaines Touré. En outre, une école qui est coiffée au niveau le plus élevé par un certain ministre dont l’OFNAC recommandait qu’il fût immédiatement relevé des fonctions qu’il occupait alors et qu’aucune responsabilité ne lui fût plus confiée dans l’administration, cette école-là peut bien s’accommoder d’un ex-capitaine Touré.

Moustapha Diakhaté nous étonne encore plus quand il s’indigne (ou fait semblant) du recrutement de l’ex-capitaine par l’IAM, recrutement qu’il n’hésite pas à considérer comme « un outrage à la République ». Combien d’actes, de propos qui sont réellement des outrages à la République, a-t-il vécus avec la famille dite libérale pendant seize longues années ? Le reniement sans état d’âme du serment que ses deux ex-mentors ont prêté l’un le 1er avril 2000 et le second le 2 avril 2012 est une trahison, un outrage à la République, que l’on ne peut vraiment pas comparer au recrutement du jeune ex-capitaine Touré. Moustapha Diakhaté a beau être ce qu’il est, il ne peut oublier aucun des engagements parfois solennels pris par l’un et l’autre quand ils sollicitaient nos suffrages. Engagements que je ne peux pas citer ici et dont on peut se faire une large idée en se reportant à leurs premiers messages à la Nation, les 3 avril 2000 et 2012, comme à l’interview accordée par le second à Jeune Afrique le 12 juin 2012 à Kaolack. Une fois élus, ils nous ont trahis, en faisant carrément tout le contraire de ce qu’ils avaient promis. Je n’insiste pas sur les différents mensonges, parfois de gros mensonges d’État qui ont jalonné leur gouvernance hideuse. Nous les avons vécus avec le premier, et les vivons avec le second, au quotidien.

Le recrutement de l’ex-capitaine Touré est une peccadille par rapport au moins grave de ces mensonges. Il l’est aussi par rapport au moins grave des nombreux, très nombreux scandales que nous leur connaissons. J’ai l’habitude de rappeler dans mes contributions que le moins grave de ces scandales est de loin plus grave que l’affaire du Watergate qui avait coûté sa démission forcée au président Nixon en 1974. Je n’y insisterai pas donc, outre mesure. Tous ces scandales, y compris les mensonges d’État, se sont faits et se font encore aujourd’hui au détriment de la Nation, du peuple sénégalais tout entier, de la démocratie et surtout de la République dont ils font la honte. Ils se sont faits et se font encore aujourd’hui, sous les yeux de Moustapha Diakhaté, qui ne veut évidemment rien voir de ce côté-là. Je m’arrêterai seulement, rapidement sur deux forfaits commis par l’un et l’autre de ses ex-mentors.

  1. à vingt-quatre (24 heures) de sa passation de pouvoirs avec Macky Sall, le vieux président a signé un décret de remise de peine totale à l’intention de Johanna Susarah Meiring, condamnée en mars 2011 à 10 ans de travaux forcés pour trafic international de drogue par la Cour d’assises de Dakar. Interrogé sur l’affaire, l’ancien garde des Sceaux de l’époque, Cheikh Tidiane Sy, précisait que la dame a été graciée sur demande de son pays, l’Afrique du Sud. Ce serait trop facile. Qui va le croire ? Les deux questions que je me suis toujours posées et que je me pose encore sont celles-ci : Qu’est-ce qui liait le vieux président à cette trafiquante sud-africaine ? Que craignait-il en la laissant en prison ? Dans cette affaire, il y a bien grosse anguille sous roche. Heureusement pour le vieux président, nous ne comptons pas chez nous beaucoup d’Edwy Plénel.
  2. le président-politicien pose aussi problème quand il signe un décret qui rappelle celui de son prédécesseur et sosie, pour gracier un trafiquant notoire de faux médicaments, un certain Mamadou Wouri Diallo, condamné en première instance à cinq ans de prison ferme. Grâce posant d’autant plus problème, que le bénéficiaire avait interjeté appel. Il n’était donc pas définitivement condamné. Pourquoi alors le président-politicien avait-il pris, en toute connaissance de cause, son décre…


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via DAKARACTU

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