Nécrologie : Adieu Djibril Ndiaye, artiste plasticien, lissier !

Il est parti Djibril Ndiaye, artiste plasticien lissier. Un artiste de génie, un monument du tissage est parti sur la pointe des pieds. Alors qu’il préparait depuis quelques mois sa prochaine exposition, dont il me parlait souvent, j’apprends de son fils que l’artiste Djibril Ndiaye est parti au Ciel le 17 juillet 2021 à Fass-Mbao ( Dakar). Quel terrible nouvelle ! Il n’accrochera pas ses œuvres lui-même en mai 2021 à la Galerie nationale.
Un monument des Arts est parti. Il est parti Djibril Ndiaye artiste plasticien lissier. « Le seul plasticien lissier à tisser des tapisseries basées sur le pagne Africain, un concept qui révolutionne et qui donne toutes les lettres de noblesse à la tapisserie Africaine contemporaine. » comme il me le disait lors d’une de nos récentes conversations.

Issu d’une famille de Tisserands, il en est la troisième génération. Né le 10 mars 1957 à Thiès, l’artiste Djibril Ndiaye est ancien élève de « l’Ecole de Thiès » formé aux Manufactures des Arts décoratifs de Thiès de 1976 à 1980. Il s’installe ensuite aux Cours Sainte-Marie de Hann en 1984 comme artiste plasticien fresquiste et assure la décoration des salles et restaurant sans compter les fresques murales qui ont fait l’identité visuel des Maristes. C’est en 1989 qu’il quitte les Cours Sainte-Marie de Hann pour une aventure grandiose en Côte d’ivoire. Il y mène une grande carrière internationale à Abidjan et Yamoussoukro ( Centre artisanal Bomizambo) ( 1997).

Fondateur de l’atelier Novalis (Nouvelle Lisserie Africaine) en 1999, Djibril a produit de nombreuses œuvres dont « Les sept jours de la semaine », « Le joueur de kora », « Les Jumelles », « Le mouvement de la vie », « Le couple griot » et « Les joueurs de flûtes » où le double visage du personnage central, veut dire simplement que l’homme a toujours vécu sous un visage double : ce que la nature lui propose et ce qu’il est intérieurement lui-même. Il opte pour la couleur rouge brique, terre cuite, terre de sienne brûlée, ocre rouge, maquillage des femmes et des hommes pour les fêtes ancestrales. La poudre rouge brique bénite pour les bébés le Rouge brique y est la couleur des fêtes ancestrales, couleur des fonds de nuit. Le bleu ciel dispose au repos, le jaune à la joie et le rouge à l’action. Il avait une vision et une démarche.

Qu’un talent de cette nature soit presque parti dans le silence de la Nation me désole mais sa mort ne restera pas anonyme. Ce serait indigne du pays de Senghor.

Repose en paix cher Djibril Ndiaye, ton digne fils Mame Cheikh, ton ombre, ton assistant continue à garder le lien et à préserver l’héritage. Mes condoléances à ta famille et aux artistes africain.es. Qu’Allah t’Accueille à Firdawsi. Amiin.
Salut l’artiste ! Tu es désormais immortel !

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Dr Massamba GUÈYE LBA

Source : Xalima.com

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