Violences contre les citoyens, libération de Guy Marius Sagna : La société civile sénégalaise dans la rue, ce vendredi

Après une longue pause, le collectif Noo Lank et une vingtaine d’organisations de la société civile sénégalaise déterrent la hache de guerre. Et c’est pour mettre un terme à la «répression des droits des citoyens» par les forces de sécurité et la justice.

 Des actes «d’intimidation» et de «musèlement» qui, selon AfrikaJom Center, la Raddho, Amnesty International et Cie, «traduisent clairement une politique de terreur envers des citoyens et organisations qui luttent par l’expression démocratique et pacifique de leurs convictions, à travers des arrestations abusives, violences policières et emprisonnements hâtifs non justifiés».

«Maintenant, ça suffit», ont martelé ces organisations de la société civile, face à la presse, ce mercredi. Après avoir listé leurs doléances (dans la déclaration ci-après) qui tournent autour de la lutte contre les bavures policières, l’acharnement contre la société civile, les activistes et tout autre citoyen sénégalais ainsi que la libération de Guy Marius Sagna, les organisations de la société civile invitent les Sénégalais à leur marche de ce vendredi 15 octobre.

Voici in extenso leur déclaration de principe :

Nous, organisations de la société civile, coalitions, partis politiques et personnalités indépendantes, soucieuses de défendre les principes de justice et d’équité, garantes d’une société juste, exprimons par la présente déclaration notre commune volonté de nous opposer à toute forme d’injustice institutionnelle, acharnement politique et instrumentalisation des forces de sécurité et justice pour réprimer les droits des citoyens.

En effet, depuis quelque temps, nous notons une volonté et des actes d’intimidation et de musèlement qui traduisent clairement une politique de terreur envers des citoyens et organisations qui luttent par l’expression démocratique et pacifique de leurs convictions, à travers des arrestations abusives, violences policières et emprisonnements hâtifs, non justifiés. Cette répression concerne aussi bien des organisations de la société civile qui veulent manifester par des marches en conformité avec l’exercice de leurs droits constitutionnels, que des activistes qui s’expriment par les réseaux sociaux  et médias publics pour dénoncer les dysfonctionnements de certaines institutions et services de l’Etat.

Instrumentalisées à outrance, les forces de sécurité exercent de plus en plus une persécution et une violence inadmissible sur ces acteurs, par des actes d’interpellations et de détentions abusives  qui choquent tous les Sénégalais par leur violence inutile, manque de mesure et de civilités. Cette situation perdure et tend à se banaliser de plus en plus. Il faut s’y opposer.

C’est pourquoi nous venons tirer la sonnette d’alarme pour dire Maintenant, ça suffit. Le Sénégal n’est ni une dictature ni un régime d’indifférence générale dans laquelle les acteurs doivent assister comme spectateurs à la mise à mort des autres, sans se sentir concernés.  Nous sommes tous concernés et victimes lorsque la loi est instrumentalisée contre l’un de nous, injustement. Il est donc temps de mettre fin à cette politique injuste et injustifiée.

À DÉCOUVRIR

Nous rappelons que des dossiers judiciaires d’une gravité extrême sont sur la table des forces de sécurité, du procureur et des juges, dossiers portant sur des affaires très graves de détournements de deniers publics, trafic de passeports, de faux billets, de drogues, etc.

Nous venons aussi élever notre voix pour la libération de Guy Marius Sagna, mis en prison pour des propos qui ne sont en rien constitutifs d’une diffusion de fausse nouvelle. Ses propos ne mettent en péril aucune institution, ni la paix sociale ni ne suscite de troubles d’aucune sorte. Sa libération, ce jeudi, est une exigence venant de toutes nos organisations.

Nous élevons aussi notre voix pour demander à ceux-là qui ont commencé leurs meetings politiques, de laisser les organisations de la société civile qui le désirent faire leurs marches par cohérence et surtout respect de leurs droits constitutionnels garantis réitérés par les arrêts de la Cour suprême (arrêt n°35 DU 13 OCTOBRE 2011. M. ALIOUNE TINE, PRÉSIDENT DE LA RENCONTRE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME, ARRÊT N°19 DU 23 MAI 2019 Assane Ba du PDS) qui disent sans ambiguïté que l’autorité préfectorale ne peut interdire des manifestations qu’elle peut encadrer avec des forces de l’ordre à sa disposition. 

Enfin, nous élevons notre voix contre la liquidation du groupe DMedia, sur le prétexte de ses obligations fiscales. Les organes de presse sont essentiels au renforcement de la démocratie.

Au-delà de cette déclaration de principe, nous entendons rester mobilisés pour que ces exigences soient respectées sans délai. Dans ce sens, une marche est prévue ce vendredi 15 à laquelle nous invitons tous les Sénégalais à venir y participer pour dire non aux violences contre les citoyens, pour exiger la libération de Guy Marius Sagna et pour mettre fin aux dérives d’acharnement contre la société civile, les activistes et tout autre citoyen sénégalais qui a une position contraire à celle des autorités actuelles.

Ce mercredi 13 octobre 2021

Une liste non exhaustive des signataires :

  • A C T
  • Africa First
  • Afrikajom Center
  • Amnesty International
  • ATAW
  • RADDHO
  • Mouvement AGIR
  • Jamra
  • Mouvement TEKKI
  • Coalition JOTNA
  • Grand Parti
  • Nittu Deug Valeurs
  • Urgences Panafricanistes
  • LCIS
  • Collectif Noo Lank
  • SNP
  • Gilets Rouges
  • République des Valeurs
  • Guinaw Rails Debout
  • GFCV

(Avec Seneweb)

via SenCaféActu

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