2021, dernière grande année de croissance pour la Chine

Dans une usine de l’entreprise Sany à Pékin (Chine), le 15 octobre 2021 .

Avec une croissance de 8,1 % en 2021, la Chine a non seulement largement dépassé ses propres prévisions – fixées à 6 % –, mais a retrouvé un niveau qu’elle n’avait pas connu depuis dix ans. En 2011, le produit intérieur brut (PIB) chinois avait en effet progressé de 9,5 %. Un taux qui n’a cessé de décroître depuis. Mais les chiffres de 2021 sont à relativiser. Ils reposent sur une comparaison avec 2020 où la croissance n’avait été que de 2,3 % en raison du Covid-19. D’ailleurs, en 2021, la croissance chinoise n’a cessé de ralentir, trimestre après trimestre : 18,3 % au premier trimestre comparé au 1er trimestre de 2020, 7,9 % au deuxième, 4,9 % au troisième et, on l’a appris lundi 17 janvier, 4 % au 4e trimestre par rapport au dernier trimestre 2020. Par rapport au trimestre précédent, la croissance n’est que de 1,6 %.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés La Chine se prépare à une croissance plus faible

Même si la Chine peut se vanter de faire mieux que les autres pays du G20, son économie est donc en train de ralentir. D’ailleurs, les deux phénomènes sont liés tant la croissance chinoise continue d’être en grande partie tirée par les exportations. Les Etats-Unis ont beau lui mener une guerre commerciale, les trafics maritime et aérien être perturbés par le Covid-19, les semi-conducteurs se faire désirer comme la pluie dans le désert, rien n’y fait : en 2021, les exportations chinoises ont à nouveau bondi de 29,9 %.

Plusieurs menaces

Avec un excédent commercial qui atteint même 676,4 milliards de dollars (592,1 milliards d’euros), en hausse de 30 %. Et plus de la moitié de cet excédent (396,6 milliards) est réalisée avec… les Etats-Unis, son premier partenaire. Avec l’Union européenne, son deuxième partenaire, le résultat est tout aussi spectaculaire puisque l’excédent chinois a bondi de… 57,4 % pour atteindre 208,4 milliards de dollars (182 milliards d’euros).

Lire aussi Article réservé à nos abonnés OMC : les vingt ans qui ont consacré la puissance économique de la Chine

Ordinateurs, jouets, matériel médical… personne ne peut se passer du « made in China ». Mais l’inverse est vrai aussi. Les importations chinoises ont progressé en 2021 à un rythme équivalent : 30,1 %, en partie dû à l’augmentation des matières premières. Ainsi, les importations chinoises de pétrole ont diminué de 5,4 % en volume, mais ont bondi de 44,2 % en valeur.

Selon la nouvelle doxa, le pays doit faire face à une triple difficulté : « une contraction de la demande, des chocs de l’offre et de plus faibles attentes »

Avec de tels chiffres, les responsables chinois pourraient se montrer satisfaits. Mais faire état de bons résultats lorsque l’on prévoit que ce sont les derniers est délicat. La plupart des économistes et des dirigeants mettent en avant les difficultés auxquelles doit faire face l’économie en 2022. Selon la nouvelle doxa apparue en décembre 2021 à l’issue d’un séminaire présidé par le président Xi Jinping, le pays doit affronter une triple difficulté : « une contraction de la demande, des chocs de l’offre et de plus faibles attentes ».

Il vous reste 55.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess