A Abidjan, les retrouvailles des trois « éléphants » de la politique ivoirienne


De gauche à droite : Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédidé, à Abidjan, le 30 juin 2010.

Les rides des trois derniers présidents ivoiriens se sont creusées, les voix sont plus chevrotantes et les démarches claudicantes, mais les années effacent-elles les haines, atténuent-elles les ambitions et les désirs de revanche ? Pour leurs retrouvailles, jeudi 14 juillet à Abidjan, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, 245 ans à eux trois, devraient sans aucun doute se plier au jeu des clichés pleins de sourires complices et d’accolades fraternelles.

Leur dernière photo de groupe date de 2010. Derrière l’apparente bonne humeur et les promesses de paix, le premier tour de l’élection présidentielle approchait, la guerre aussi, entre un Laurent Gbagbo arc-bouté sur son refus de concéder sa défaite dans les urnes et un Alassane Ouattara, alors allié à Henri Konan Bédié, dont la victoire internationalement reconnue ne put se passer d’un recours aux armes.

Douze ans plus tard, tout a changé en Côte d’Ivoire. Ou presque. Suite à la mort d’Amadou Gon Coulibaly, qu’il avait désigné comme son successeur, Alassane Ouattara, 80 ans, a remisé ses rêves de retraite et entamé fin 2020 son troisième mandat à la tête de l’Etat. Libéré des accusations de la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo, 77 ans, est revenu l’année suivante dans son pays après une décennie de prison, avec la volonté affichée de reprendre sa place sur l’échiquier politique. Leur aîné et prédécesseur, Henri Konan Bédié, 88 ans, a jusqu’ici bloqué toutes les possibilités de succession aux commandes de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

« Les tensions sont toujours là »

Les trois « éléphants », qui ont usé entre eux toutes les combinaisons d’alliances possibles pour conquérir le fauteuil présidentiel, continuent de donner le ton de la vie politique ivoirienne. Depuis près de trente ans, leurs querelles pour le pouvoir ont fait le malheur de leurs concitoyens, leurs rivalités ont drainé derrière elles leurs communautés d’origine, réveillant des tensions plus profondes autour de la nationalité et de la propriété de la terre.

Si leur rencontre, ce jeudi, s’inscrit dans le cadre du « dialogue politique » engagé entre le pouvoir et l’ensemble de l’opposition depuis 2019, leur réunion intervient dans un moment d’apaisement du climat politique, moins de deux ans après la réélection d’Alassane Ouattara. Celle-ci avait été marquée par le boycott des opposants, qui contestaient la légalité de ce troisième mandat, et par des protestations violentes ayant fait officiellement 85 morts et 500 blessés. Comme le prévoyait l’un de ses proches, le chef de l’Etat a ensuite durci le ton pour affermir son autorité, avant de tendre la main et d’ouvrir le jeu – en apparence.

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via LeMonde

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