A Beyrouth, l’effondrement de silos à grains dans le port, un rappel douloureux de l’explosion de 2020


Les silos à grains fortement endommagés dans le port de la capitale libanaise, Beyrouth, le 31 juillet 2022.

La coïncidence est sinistre et à peine croyable : à la veille de la commémoration de la déflagration qui a détruit une partie de Beyrouth, il y a deux ans, un pan limité des silos à grains du port s’est écroulé, dimanche 31 juillet, dans un immense nuage de poussière. Ce bâtiment, haut d’une cinquantaine de mètres, avait été lourdement endommagé par la double explosion meurtrière, le 4 août 2020 ; en absorbant une partie du souffle, il avait servi de rempart à la partie ouest de la capitale. Imposante silhouette dominant le port, au cœur de la capitale, les silos sont devenus un emblème du cataclysme engendré par la détonation d’un immense stock de nitrate d’ammonium gardé sans précaution aux abords d’habitations.

Ces derniers jours, alors qu’un incendie s’était allumé récemment dans le bâtiment, des caméras de télévision guettaient la chute de la structure, que les autorités considéraient comme imminente. L’effondrement spectaculaire, quoique partiel, survenu dimanche, touchant la partie instable de l’ensemble, n’a pas empêché des Libanais de venir photographier la façade noircie et les gravats à son pied, du côté de la mer. La scène, alors, est surprenante : des badauds sont là, le visage protégé par un simple masque. L’air fait tourner la tête. Un hélicoptère survole à plusieurs reprises les silos, en larguant de l’eau.

« Cela fait trois semaines que nous vivons dans une odeur de brûlé, qui est sûrement très nocive ! Qu’on en finisse avec cet incendie ! », lance Omar (il n’a donné que son prénom), un habitant de la Quarantaine, quartier attenant au port. Il n’a pas entendu le bruit de l’écroulement partiel, rapide : c’est la vidéo, partagée sur les réseaux sociaux, qui l’a alerté.

Manque de transparence

Dans cette partie de la ville, ces derniers jours, beaucoup spéculaient sur une origine intentionnelle des incendies à répétition qui se sont déclarés, début juillet, à l’intérieur de l’ancienne réserve de blé. Le manque de transparence des autorités alimentant un peu plus la confusion à ce sujet. Selon le gouvernement sortant du premier ministre, Najib Mikati, le feu a été provoqué par la fermentation de céréales sous l’effet de la chaleur de l’été. Des milliers de tonnes n’ont pas été dégagées après l’explosion, en raison des craintes d’effondrement de la structure. L’incendie a accéléré l’inclinaison du bâtiment, fragilisé.

A plusieurs reprises, des pompiers ont été mobilisés pour éteindre les flammes, avant de recevoir l’ordre de quitter les lieux, à cause du danger. La population des quartiers proches du port avait, elle, reçu des conseils succincts en amont : fermer les fenêtres et porter un masque. Dimanche soir, des experts et des responsables émettaient des avis contradictoires sur la suite possible de l’effondrement.

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via LeMonde

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