A Bruxelles, débat crucial autour des nouveaux tests pour évaluer les effets des pesticides sur les abeilles

Un agriculteur diffuse des pesticides sur ses champs, à Saint-Germain-sur-Sarthe (Sarthe), le 16 septembre 2019.

L’avenir des abeilles et des pollinisateurs d’Europe commence à se décider ces jours-ci, dans les cénacles bruxellois. Le Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (Scopaff, pour Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed) s’est réuni, mercredi 24 et jeudi 25 mars, avec, à l’ordre du jour, la refonte des « tests abeilles » – c’est-à-dire le système d’évaluation réglementaire des risques des pesticides pour les hyménoptères. Chaque Etat-membre est représenté au sein de ce comité et fait valoir sa position par le biais de ses experts.

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Bien que peu médiatique, cette mise à niveau de la réglementation est cruciale pour le monde apicole, la biodiversité et l’industrie agrochimique : elle pourrait entraver la réautorisation de nombreux pesticides et empêcher l’entrée sur le marché européen de nouvelles molécules. « Les Etats membres commencent à se déterminer sur le niveau de protection des abeilles qu’ils souhaitent voir mis en place, explique l’eurodéputé Pascal Canfin, président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen. La discussion porte désormais sur la mortalité considérée comme acceptable au sein d’une colonie, consécutivement à l’exposition à un pesticide. »

Rapport de force incertain

Le rapport de force entre Etats membres se met en place, sous l’œil de la Commission européenne, mais leurs positions respectives ne sont pas publiques. Une opacité qui irrite fortement les organisations non gouvernementales et certains parlementaires. Selon M. Canfin, « le seuil de mortalité considéré comme acceptable devrait être placé entre 7 %, position défendue par la France, la Slovaquie ou encore la Suède, et 25 % qui est défendue notamment par l’Espagne et la Hongrie ». Un tel niveau de mortalité, proche de celui constaté aujourd’hui dans de nombreuses régions européennes, équivaut à une mise en danger structurelle de la survie des colonies.

La refonte des « tests abeilles » est au cœur d’une saga qui dure depuis près de huit ans. En 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a présenté de nouvelles « lignes directrices » à suivre pour évaluer la dangerosité des pesticides pour les abeilles : ce document, a été mis à l’ordre du jour du Scopaff à une trentaine de reprises sans avoir jamais été adopté, faute d’une majorité qualifiée d’Etats membres.

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via LeMonde

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