A Caracas, « le plus grand concert du monde » réunit 12 000 musiciens

Douze mille musiciens du Système national d’orchestres et de chœurs infantiles et juvéniles rassemblés pour « le plus grand concert du monde » dans la cour de l’Académie militaire à Caracas, le 13 novembre 2021.

La République bolivarienne du Venezuela tente d’inscrire un record dans le Livre Guinness. Samedi 13 novembre, 12 000 jeunes et autant d’instruments de musique étaient réunis dans la cour d’honneur de l’Académie militaire, à Caracas, pour « le plus grand concert du monde ». Le précédent record était détenu par la Russie qui, en 2019, avait rassemblé 8 097 musiciens.

« Rien n’est impossible pour la jeunesse vénézuélienne », lance la vice-présidente, Delcy Rodriguez, qui prononce un bref discours juste avant le méga-concert. Le président Nicolas Maduro n’est pas là. Mme Rodriguez évoque la mémoire du Libertador Simon Bolivar, héros de l’indépendance latino-américaine il y a exactement 200 ans, et celle du « maestro José Abreu », le fondateur du Système, décédé en 2018. Au Venezuela, le Système avec un S majuscule, c’est le « Sistema Nacional de las Orquestas Juveniles e Infantiles » (Système national d’orchestres et de chœurs infantiles et juvéniles), un programme créé en 1975 pour rendre l’éducation musicale accessible à tous les enfants, y compris aux plus pauvres.

« Cadeau à l’humanité »

Caméras et drones filment les rangs serrés de musiciens en chemisette blanche. Les images grandioses s’affichent sur la douzaine d’écrans géants qui tapissent les murs de l’établissement militaire et sur toutes les télévisions du pays. La vice-présidente poursuit : « Tous les Vénézuéliens, y compris nos frères migrants, sont aujourd’hui fiers de leur nation. » Fuyant la crise qui dévaste leur pays depuis 2015, quelque six millions de Vénézuéliens ont pris le chemin de l’exil.

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Dimanche, l’heure est à l’émotion nationale. « La musique et la paix sont le cadeau du Venezuela à l’humanité », s’enthousiasme la présentatrice de la chaîne de télévision Telesur. Et de rappeler que le Système de M. Abreu a été répliqué dans soixante-dix pays du monde. Derrière leur masque, les musiciens ont le sourire. Les plus jeunes ont tout juste 8 ans.

Quand explosent les premières notes de la Marche Slave de Tchaïkovski, nombre de Vénézuéliens essuient une larme et le racontent sur Twitter. D’autres dénoncent la récupération politique du spectacle par le pouvoir et refusent de céder à l’émotion « pour ne pas faire le jeu de la dictature de Maduro ». « Le Système a 46 ans, il ne doit rien à Chavez », rappelle un internaute. Le leader de la révolution bolivarienne, Hugo Chavez, a gouverné le pays de 1999 à 2013.

Empêcher « de mal tourner »

« Abreu a fondé le système, mais c’est Chavez qui l’a rendu massif », rétorque un jeune professeur de musique devant les caméras de Telesur. Les chefs et cheffes d’orchestre qui se succèdent sur le podium ont l’air de gamins. L’hymne national résonne dans la nuit tombante.

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via LeMonde

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