A Chisinau, Macron entrouvre les portes de l’UE à l’Ukraine


Le président français, Emmanuel Macron, rend visite à son homologue moldave, Maia Sandu, à Chisinau, le 15 juin 2022.

Une marche dans les rues de Chisinau, en compagnie de la présidente Maia Sandu, une halte prolongée à la terrasse d’un café, pour combler une longue absence. Vingt-quatre ans après la dernière, et unique, visite d’un chef de l’Etat français en Moldavie depuis son indépendance, Emmanuel Macron s’est rendu, mercredi 15 juin, dans cette ex-république soviétique de moins de trois millions d’habitants, enserrée entre la Roumanie et l’Ukraine.

A ses côtés, ironie de l’histoire, Catherine Colonna, la nouvelle ministre des affaires étrangères, faisait aussi partie du voyage, comme porte-parole de l’Elysée, lorsqu’elle avait ici accompagné Jacques Chirac en 1998.

Roumanie-Moldavie-Ukraine, un triptyque dicté par l’urgence. A quelques jours de la fin de la présidence française de l’Union européenne (UE), Emmanuel Macron a entrepris un périple qui l’a mené successivement à s’entretenir avec ses homologues roumain et moldave avant une rencontre très attendue, jeudi, avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Kiev.

Tardive, cette tournée en trois étapes avait pour but d’envoyer des « signaux positifs » avant un Conseil européen crucial, les 23 et 24 juin, sur la question sensible de l’élargissement de l’Union européenne (UE), dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

« Une situation géopolitique inédite »

« Aux portes de notre UE, se joue une situation géopolitique inédite. Donc, oui, pour toutes ces raisons, le contexte politique et les décisions que l’UE et plusieurs nations devront prendre justifient de nouvelles discussions en profondeur et de nouvelles avancées », a déclaré, mercredi matin, le président français, sur le tarmac de la base roumaine de l’OTAN « MK », au bord de la mer Noire.

Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue roumain, Klaus Iohannis, passent en revue les troupes de la base aérienne de l’Otan Mihail-Kogalniceanu, en Roumanie, le 15 juin 2022.

« Je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous Européens, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où ils résistent de manière héroïque depuis plusieurs mois », a-t-il poursuivi après avoir passé en revue, avec son homologue roumain Klaus Iohannis, les troupes alliées déployées dans le sud-est du pays, près de Constanta, depuis le début du conflit.

Plus tard dans la journée, devant la présidence moldave cette fois, à Chisinau, Emmanuel Macron s’est aventuré un peu plus loin. Déstabilisée par l’agression russe contre son voisin, la Moldavie, qui a accueilli des milliers de réfugiés ukrainiens sur son sol et qui subit de plein fouet les conséquences économiques de la guerre, a déposé sa candidature d’adhésion à l’UE, quelques jours après Kiev. « Une demande parfaitement légitime », a souligné le Français au regard des efforts accomplis par la présidente moldave proeuropéenne, élue en décembre 2020, mais toujours sous pression d’une forte opposition prorusse. « Vous êtes à la tête d’un pays, a enchaîné Emmanuel Macron en se tournant vers Maia Sandu, et vous avez à vos côtés un gouvernement, un Parlement, qui affiche résolument son aspiration à la paix, à l’Etat de droit, à la démocratie et à l’Europe. Ça n’a pas toujours été le cas. ».

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via LeMonde

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