A Cuba, les artistes à la pointe de la contestation

Le dramaturge Yunior Garcia Aguilera est entouré par la presse après avoir rencontré les autorités municipales de la Vieille-Havane, le 12 octobre 2021.

Convocations par la police, coupures ciblées d’Internet et campagnes de diffamation contre les organisateurs, menaces de poursuites pénales pour sédition envers ceux qui oseraient participer, et contre-manifestations du régime : les réactions du gouvernement cubain en réponse à la grande marche de protestation prévue lundi 15 novembre dans une soixantaine de villes du pays trahissent sa crainte face à la montée de la grogne sociale et des revendications démocratiques sur l’île.

« Nous ne permettrons d’aucune manière l’agression permanente du gouvernement des Etats-Unis, et ses tentatives constantes et soutenues (…) de créer les conditions d’une déstabilisation intérieure », a prévenu le ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla, le 10 novembre, face au corps diplomatique accrédité à Cuba – le gouvernement accusant depuis des semaines Washington d’être derrière une tentative de « coup d’Etat », pour mieux justifier l’interdiction de la manifestation.

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Quatre mois après les mobilisations du 11 juillet, lors desquelles des milliers de personnes ont défié le régime en criant « Nous avons faim » ou « A bas la dictature », et qui se sont soldées par un mort, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations, les tensions restent fortes sur l’île. Initialement, la manifestation avait été convoquée pour le 20 novembre par la plate-forme de débat civique Archipielago, menée par le dramaturge cubain Yunior Garcia Aguilera, afin d’« exiger la libération des prisonniers politiques et la résolution des différends par des voies démocratiques et pacifiques ».

Selon l’ONG Cubalex, 612 personnes arrêtées en juillet sont encore derrière les barreaux. Mais l’événement a finalement été avancé de cinq jours après la décision du gouvernement de Miguel Diaz-Canel de décréter le 20 novembre fête de la Défense nationale et de programmer deux jours de manœuvres militaires en amont. « Une menace déguisée », avait alors estimé M. Garcia, dont les réseaux de communication sont coupés depuis le 5 novembre.

« Exprimer une pluralité d’idées »

En réponse aux intimidations du régime, les coordinateurs d’Archipielago, tous convoqués par la police, ont invité les Cubains qui n’oseraient pas manifester à apporter leur soutien en participant à un concert de casseroles ou en s’habillant en blanc. A ceux qui participeront à la marche, ils ont demandé d’éviter toute provocation – le gouvernement cubain ayant décidé d’organiser une fête le 15 novembre pour le 502anniversaire de la fondation de La Havane.

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via LeMonde

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