A Dakar, l’opposition menée par Ousmane Sonko dénonce dans la rue le rejet de sa liste pour les législatives de juillet


Portrait d’Ousmane Sonko brandi lors de la manifestation de l’opposition, le 9 juin 2022, à Dakar.

Une démonstration de force sans débordement. Mercredi 8 juin, l’opposition sénégalaise a réuni des milliers de personnes à Dakar pour protester contre le rejet de sa liste nationale aux législatives du 31 juillet et dénoncer l’intention prêtée au président Macky Sall de briguer un troisième mandat en 2024.

La manifestation – à haut risque après les violences de mars 2021 qui ont fait une douzaine de morts – s’est déroulée dans une ambiance bon enfant selon l’AFP. Le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, écarté du scrutin à venir, a été accueilli sous les vivats par la foule réunie sur la place de la Nation. « Nous lançons aujourd’hui notre précampagne, a-t-il déclaré. Notre seul ennemi est Macky Sall. »

Les manifestants ont dénoncé la décision prise, vendredi, par le Conseil constitutionnel de confirmer un arrêté du ministère de l’intérieur jugeant « irrecevable » la liste nationale des titulaires de la principale coalition d’opposition Yewwi Askan Wi, menée par Ousmane Sonko, et à laquelle sont associées d’autres leaders comme Aïda Mbodj et Cheikh Tidiane Youm. Motif : la coalition avait investi deux fois la même candidate, Anta Touré, comme titulaire et suppléante.

« Décision inique »

Pour l’opposition, à l’origine du recours auprès des Sages, le verdict du Conseil vise à éliminer Ousmane Sonko, arrivé troisième à la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024. Un soupçon d’autant plus prégnant que la Direction générale des élections (DGE) est placée sous l’autorité du ministre de l’intérieur, Antoine Félix Diome, réputé proche du président Macky Sall.

« Face à une erreur, les juges ont choisi d’obéir à celui qui les nomme, le président de la République, pour mener cette cabale contre l’opposition. Ils auraient pu rejeter la candidature qui posait problème et non la liste. C’est une décision inique qui torpille le droit », tempête Déthié Fall, placé en septième position sur la liste nationale et mandataire de la coalition Yewwi Askan Wi. A l’instar des autres candidats écartés, il sera remplacé par son suppléant.

Le 31 juillet, les Sénégalais éliront 150 députés selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora élit 15 députés.

Il vous reste 51.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess