À Hongkong, en pleine crise sanitaire, une soirée d’anniversaire embarrasse le pouvoir

Carrie Lam, chef de l’exécutif hongkongais, annonce de nouvelles mesures restrictives pour lutter contre la pandémie de SARS-CoV-2, à Hongkong, le 5 janvier 2022.

Les 170 invités de la fête organisée lundi 3 janvier, de 18 heures à minuit, au Reserva Iberica, un bar à tapas du quartier de Wan Chai, sur l’île de Hongkong, pour les 53 ans d’un notable hongkongais très bien vu de Pékin, vont se souvenir plus longtemps que prévu de cette soirée bien arrosée entre des personnalités prochinoises de l’establishment local. Deux invitées porteuses du variant Omicron ont été identifiées parmi les convives et la totalité des personnes présentes ce soir-là vont, théoriquement, devoir passer vingt et un jours au centre de quarantaine de Penny’s Bay, connu pour son confort spartiate, les housses plastifiées de ses matelas ultrafins et l’absence de Wi-Fi dans les chambres.

Cette « after » inattendue, que tous les invités auraient évidemment préféré pouvoir décliner, fait toutefois jubiler une partie de la population hongkongaise, amusée de voir certains de ses dirigeants politiques et des membres de l’élite sociale soumis à ce genre de régime. Après des mois sans quasiment aucun cas local, quelques microfoyers de contamination ont été identifiés récemment et ont déclenché de nouvelles restrictions entrées en vigueur vendredi.

Plusieurs ministres concernés

Parmi les invités se trouvaient au moins dix fonctionnaires de très haut rang, dont le ministre de l’intérieur, le ministre des finances, le chef de l’immigration, le haut-commissaire de la police, et le chef de l’Agence indépendante de lutte contre la corruption (ICAC), ainsi que 20 députés qui avaient été intronisés le jour même au sein du nouveau conseil législatif à la suite des élections du 19 décembre.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A Hongkong, le désarroi des « ex-covidés » contraints à l’isolement

Les chefs des trois départements hongkongais les plus contrôlés par la Chine, à savoir la police, l’immigration et l’ICAC, étaient tous les trois présents à cette fête… Le fait que l’impétueux député Junius Ho, très impopulaire parmi les Hongkongais prodémocratie, ait participé à cette soirée et se soit rendu, deux jours plus tard, à Shenzhen pour rencontrer Xia Baolong, le directeur du bureau des affaires de Hongkong et Macao, a ajouté une dimension nationale au scandale.

Jusqu’à ce très long quart d’heure de célébrité, Witman Hung était quasiment inconnu. Selon son profil publié sur le site du think tank prochinois Our HK Fondation, le « professeur » Witman Hung est actuellement le représentant de Hongkong au treizième Congrès national du peuple de la République populaire de Chine, instance législative nationale, et cumule de nombreuses fonctions dans le secteur des ITtechnologies de l’information et dans d’autres organisations.

Il vous reste 46.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess