A Hongkong, la police arrête un ancien rédacteur en chef de l’« Apple Daily »

Lam Man-chung, ancien rédacteur en chef de l’« Apple Daily », au siège social du journal le 23 juin 2021, peu avant sa fermeture forcée.

La Chine poursuit sa reprise en main de la presse hongkongaise. La police a annoncé avoir interpellé, mercredi 21 juillet, un ancien rédacteur en chef de l’Apple Daily, tabloïd prodémocratie de l’ex-colonie britannique, récemment contraint à la fermeture.

Dans un communiqué, la police fait état de l’arrestation d’un homme, âgé de 51 ans, pour « collusion avec les forces étrangères ». Ce crime relève de la nouvelle loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée l’an dernier à son territoire semi-autonome. Une source policière a précisé le nom du détenu, Lam Man-chung. Il est le neuvième employé de l’Apple Daily à être fait prisonnier dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale.

Après l’interpellation de plusieurs de ses responsables et le gel de ses avoirs, le quotidien Apple Daily, qui s’était fait connaître pour ses critiques à l’égard du gouvernement chinois et de l’exécutif local qui est aligné sur Pékin, a été contraint de mettre la clé sous la porte après vingt-six ans d’existence. Le 24 juin, il publiait son dernier numéro. Lam Man-chung était le rédacteur en chef aux commandes de cette ultime édition.

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Liberté de la presse « en miettes »

Les autorités accusent le quotidien d’avoir soutenu des appels à des sanctions internationales contre la Chine. Cette prise de position est, désormais, passible de poursuites, en vertu de la nouvelle loi. Le propriétaire du journal, le magnat Jimmy Lai, soixante-treize ans, est actuellement incarcéré. Il a également été inculpé pour « collusion avec les forces étrangères », en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

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Le 15 juillet, l’Association des journalistes de Hongkong (HKJA), principal syndicat de journalistes hongkongais, déclarait que la liberté de la presse était « en miettes » dans le territoire, censé jouir d’une large autonomie. « L’année passée a sans conteste été la pire année pour la liberté de la presse », avait affirmé le président de la HKJA, Ronson Chan, en marge de la présentation du rapport annuel de l’organisation. Un millier d’employés du groupe de M. Lai ont perdu leur travail, dont 700 journalistes.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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