A Hongkong, quatre étudiants arrêtés pour « apologie du terrorisme »

Au centre, l’un des quatre étudiants arrêtés après une perquisition, le 18 août 2021.

Quatre dirigeants étudiants d’une grande université de Hongkong ont été arrêtés, mercredi 18 août, pour « apologie du terrorisme », a annoncé la police. Un communiqué controversé publié en juillet par un syndicat étudiant après qu’un policier a été poignardé par un homme agissant seul est à l’origine de ces arrestations, a déclaré Steve Li, de la nouvelle unité de police en charge de la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale.

« Quatre hommes âgés de 18 à 20 ans ont été arrêtés aujourd’hui, ils sont membres du syndicat étudiant et du conseil syndical étudiant », a-t-il affirmé aux journalistes. Le 1er juillet, un quinquagénaire a attaqué un policier au couteau, avant de retourner l’arme contre lui et de se suicider. Les autorités avaient estimé que cet acte relevait du « terrorisme intérieur ». Peu après, le syndicat étudiant de l’université de Hongkong (HKU) avait publié un communiqué dans lequel il faisait part de sa « profonde tristesse » après la mort de l’agresseur et de sa gratitude pour son « sacrifice ».

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Plus de 30 syndicats et partis dissous en 2020

Ce communiqué a suscité une vive controverse. Le syndicat s’est, depuis, rétracté et a présenté ses excuses pour les termes employés. « Il a sublimé, rationalisé et glorifié le terrorisme et une attaque, ainsi qu’encouragé les actes suicidaires », a estimé M. Li. En juillet, la police a perquisitionné les bureaux du syndicat, la chaîne de télévision de l’université, ainsi qu’un bureau des étudiants. La direction de HKU a également interdit l’accès au campus à tous les membres du conseil du syndicat.

L’apologie du terrorisme est passible de dix ans d’emprisonnement et relève de la loi sur la sécurité nationale de Hongkong, imposée l’an dernier par Pékin en réponse à l’immense mouvement pro-démocratie de 2019. Cette loi draconienne vise à sanctionner la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères. Les inculpations pour terrorisme sont jusqu’à présent plus rares. L’an passé, plus de trente syndicats et partis politiques ont été dissous à la suite d’enquêtes menées par les autorités.

Mercredi, le 612 Humanitarian Relief Fund est devenu le dernier en date parmi les organisations soutenant les manifestants pro-démocratie à annoncer sa dissolution. Les médias pro-Pékin l’ont qualifié de « plate-forme de collecte de fonds pour les casseurs » et ont appelé à sa disparition.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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