A Jérusalem-Est, la justice israélienne donne son feu vert au téléphérique des colons


Le quartier palestinien de Silwan, à gauche, et les murs d’enceinte de la vieille ville de Jérusalem, à droite, le 7 novembre 2019.

Au pied des remparts sud de la Vieille Ville de Jérusalem, à l’entrée du quartier palestinien de Silwan, des ouvriers s’activent autour d’un trou béant. Voilà quinze ans qu’ils remuent la terre, juste sous les fenêtres des maisons palestiniennes, d’abord pour des excavations puis aujourd’hui pour construire.

Ici devrait surgir de terre le centre Kedem, un vaste complexe touristique de 16 000 mètres carrés qui viendra compléter la Cité de David, érigée juste de l’autre côté de la rue. Ces deux ensembles appartiennent à l’organisation ultranationaliste Elad qui a pour but d’avancer la colonisation à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée illégalement par Israël.

Ses dirigeants viennent de remporter une grande victoire aux côtés de la mairie, dimanche 15 mai. La Cour suprême a rejeté quatre pétitions d’habitants palestiniens de Silwan, de commerçants du quartier musulman de la Vieille Ville, de représentants religieux et d’ONG israéliennes, ouvrant la voie à la construction d’un téléphérique à côté des remparts.

Le parcours de 1,4 kilomètre prévoit pour l’instant trois stations avec un départ de l’ancienne gare de Jérusalem, First station, puis le mont Sion pour terminer à Silwan, au centre Kedem. La télécabine devrait notamment survoler un cimetière de la communauté karaïte, un courant scripturaliste du judaïsme, qui clame que le projet va désacraliser le site, le condamnant à l’abandon.

Le ministère du tourisme et la mairie plaident que les petites cabines, auxquelles ils ont alloué un budget de 200 millions de shekels (56 millions d’euros), vont désengorger les alentours de la Vieille Ville, en transportant 3 000 passagers par heure.

« C’est tout le projet qu’on refuse »

A Wadi Hilweh, vallon palestinien surpeuplé autour du centre Kedem, « on est en colère, lâche Jawad Siam, tout de noir vêtu, dans le centre d’information du quartier qu’il dirige depuis 2007. C’est un projet politique qui sert la colonisation, à laquelle travaillent les organisations de colons, l’Autorité de la nature et des parcs, l’autorité qui gère les antiquités et la municipalité d’occupation, main dans la main. Ils ont tous le même but, ajoute Jawad Siam : montrer que Jérusalem leur appartient. »

Khaled Al-Zeer, activiste palestinien de 47 ans, se désespère. « Des pylônes hauts de 200 mètres vont être érigés en partie entre des maisons, sur des propriétés privées ou appartenant à l’Eglise, et des milliers de touristes vont passer au-dessus de chez nous, et nous observer, comme des animaux », anticipe cet homme à la voix rauque.

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via LeMonde

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