A Kaboul, les Afghans opposés aux talibans cherchent en vain une issue

Des centaines de personnes tentent d’escalader un avion de l’US Air Force quittant Kaboul, le 16 août 2021.

Depuis que Kaboul est tombée aux mains des talibans, le 15 août, Zarghounah Haidari ne rentre plus chez elle à Dasht-e-Barchi, un quartier de l’ouest de la capitale. « J’ai surtout peur que ma présence dans notre maison soit dangereuse pour mes parents », dit la jeune hazara, cette minorité religieuse chiite, persécutée par les extrémistes islamistes pendant leur dernier règne entre 1996 et 2001.

Travaillant dans un centre culturel, la jeune Afghane de 24 ans a affiché au travers de différentes activités son soutien aux forces armées et son opposition aux talibans. Sur son lieu de travail, elle a, à plusieurs reprises, reçu la visite de personnes qui l’ont menacée. « Une fois, un inconnu m’a appelée pour me demander l’adresse de mon domicile », dit-elle depuis Kaboul, alors que sa parole est entrecoupée par le bruit des tirs dans la nuit et celui du passage des hélicoptères.

Dans la nuit du 17 août, à 3 heures du matin, alors qu’elle dort chez une amie, Zarghounah Haidari reçoit ce message : « Allez tout de suite à l’aéroport ! Apparemment c’est possible de fuir le pays par là ! » Avec son petit frère et sa petite sœur, elle se précipite vers la seule porte de sortie du pays car les talibans contrôlent désormais tous les autres aéroports du pays, ainsi que toutes les frontières terrestres afghanes.

« Lorsque je suis arrivée à l’aéroport, tout était calme. On attendait patiemment. Nous avons même atteint le tarmac », explique-t-elle. Mais soudain, les forces de sécurité tirent des gaz lacrymogènes et ouvrent le feu, à balles réelles, sur la foule. Les gens sont pris de panique et courent dans tous les sens. Zarghounah Haidari voit des personnes s’effondrer, dont une enfant. Sa grand-mère pleure et crie sur son corps sans vie.

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« Nous n’avons rien. Nous attendons un miracle »

« Les gens marchaient les uns sur les autres. Je me sentais dans un film de guerre. J’avais surtout peur pour ma sœur et mon frère, explique-t-elle. Je pleurais en courant sur le sort de cette grand-mère, sur le mien et sur celui de mon peuple. Je n’avais pas d’autre choix que de pleurer. »

Des Afghans attendent sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, le 16 août 2021.

Zarghounah Haidari quitte finalement en panique l’aéroport de Kaboul. Depuis, elle n’est toujours pas rentrée chez ses parents et dort chez une amie. « Je ne mange plus. Je ne dors plus. Tous ceux qui ont les moyens financiers et les contacts ont déjà quitté l’Afghanistan. Mais nous n’avons rien. Nous attendons un miracle », dit-elle, la voix tremblante.

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via LeMonde

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