A Kharkiv, Damas ou Beyrouth, des concerts au milieu des ruines

Le 22 mars 2022 à Kharkiv, Denys Karachevtsev

Autour de lui, sur la place de la Victoire à Kharkiv, les immeubles sont éventrés et les rues désertes. Seul au milieu des ruines, l’Ukrainien Denys Karachevtsev interprète le prélude de la Suite no 5 pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach. Vue des centaines de milliers de fois sur YouTube, cette vidéo n’est pas la seule postée par ce violoncelliste professionnel. « Je lance mon projet dans les rues de Kharkiv pour récolter des fonds pour l’aide humanitaire et la restauration de l’architecture de la ville, a-t-il expliqué dans l’une de ses vidéos. Unissons-nous pour faire revivre ensemble notre ville ! »

Le 6 mars 2022 à Kharkiv, Vera Lytovchenko

Peu de temps avant Denys Karachevtsev, c’est la violoniste Vera Lytovchenko, réfugiée dans les sous-sols de la deuxième ville d’Ukraine, qui a joué pour ses concitoyens en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux. Très attachée à sa cité – elle est professeure de musique au collège et soliste de l’orchestre de l’opéra –, elle a choisi d’interpréter une chanson folklorique ukrainienne du compositeur Mykola Lysenko : « Pour faire oublier la guerre quelques minutes. »

En juillet 2021 à Durban, Jenny Bowes

Au début de l’été 2021, l’Afrique du Sud connaissait une vague d’émeutes et de violences à la suite de l’incarcération de Jacob Zuma, qui a présidé le pays de 2009 à 2018. À Durban, ville durement frappée par les événements, une professeure de piano, Jenny Bowes, a trouvé un instrument abandonné au beau milieu d’un carrefour. Elle s’est installée au clavier et s’est mise à jouer. Son interprétation de l’hymne national sud-africain, filmée par son frère, est rapidement devenue virale.

En août 2020 à Beyrouth, May Melki

Au lendemain de l’explosion sur le port de Beyrouth qui a dévasté la ville le 4 août, May Melki s’assied devant son piano, intact, et pose les doigts sur les touches. Dans son salon détruit, filmée par sa petite-fille, elle interprète Auld Lang Syne (« ce n’est qu’un au revoir ») et plusieurs morceaux de musique arabe. L’émotion suscitée par cette vidéo a entraîné un élan de solidarité de nombreux musiciens à travers le monde, dont certains ont lancé des campagnes de récolte de fonds pour venir en aide aux sinistrés.

En 2014 à Damas, Aeham Ahmad

Désormais connu comme « le Pianiste de Yarmouk » (son surnom et le titre de son autobiographie, parue à La Découverte en 2018), le musicien Aeham Ahmad, aujourd’hui âgé de 34 ans, vit maintenant en Europe, loin du quartier de Yarmouk, à Damas, où il a grandi et donnait des concerts de rue, au milieu des ruines, au début de la guerre en Syrie. Son piano, qu’il déplaçait dans les rues à l’aide d’une remorque, a été détruit par Daesh au printemps 2015.

via LeMonde

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