A l’OTAN, l’administration Biden rassure ses alliés européens

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken (à gauche), et le ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, à l’OTAN le 23 mars, à Bruxelles.

Ils voulaient l’entendre, et il les a rassurés : Antony Blinken, le nouveau secrétaire d’Etat américain, a indiqué à ses alliés européens qu’il voulait « reconstruire » l’OTAN avec eux, mardi 23 janvier, au premier jour d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Alliance. C’est un engagement « inébranlable » a-t-il précisé, avant de souscrire à des conclusions évoquant « le lien transatlantique qui unit durablement l’Europe et l’Amérique du Nord, et dont l’OTAN est l’ancrage ». Ce texte évoque encore un partenariat transatlantique qui « demeure la pierre angulaire de notre défense collective, le pivot de notre cohésion politique, et un pilier essentiel de l’ordre international fondé sur des règles ».

Cette première réunion inaugurant la « nouvelle relation », tant désirée à Bruxelles, a gommé d’un coup quatre années de tensions inédites au cours desquelles Donald Trump avait fait trembler l’organisation sur ses bases. La discussion n’avait pas d’autre but, en réalité, car elle n’a livré aucun résultat. Mais, pour les Européens, l’important était de célébrer dignement des retrouvailles tandis que pour la nouvelle administration démocrate il s’agissait de restaurer clairement les relations avec les alliés des Etats-Unis.

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Comme le précise la version provisoire de la vision stratégique américaine – dans laquelle Washington « réaffirme l’importance » de l’OTAN, s’engage à y « investir » et à la « moderniser » –, ces alliés « sont une formidable source de force et un atout pour l’Amérique, parce qu’ils l’aident à assumer les responsabilités nécessaires afin de garder notre nation en sécurité et notre population prospère ». Cette conviction, M. Blinken l’a répétée lors d’une conversation avec Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Alliance, mardi.

Les Etats-Unis misent sur l’expérience transatlantique accumulée par le président et son secrétaire d’Etat, ainsi que sur des garanties – comme le soutien réaffirmé par M. Biden au fondement de l’OTAN, l’article 5 de la Charte qui oblige à se porter au secours d’un membre attaqué – pour tourner la page Trump. L’annonce de la présence virtuelle de Joe Biden au sommet européen, jeudi soir, s’inscrit dans la même démarche. La Maison Blanche a indiqué mardi que le président souhaite aussi « revitaliser » la relation avec l’Union européenne (UE).

L’imprévisibilité de Washington

La position française sur la nécessaire autonomie stratégique de l’UE, en marge de l’OTAN, souligne pourtant que la fracture provoquée par Donald Trump a laissé des traces profondes en introduisant un facteur inconfortable, celui de l’imprévisibilité de Washington. Elle pourrait compliquer le dialogue transatlantique et le souhait de la nouvelle administration de favoriser une plus grande convergence avec ses alliés.

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via LeMonde

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