A Moscou, les magasins « beriozka » remis en service


Une « beriozka » vendant des souvenirs aux touristes, dans la station balnéaire de Sotchi (Russie), en 1964.

C’est un voyage vers le passé. La Russie de Vladimir Poutine s’apprête à raviver un héritage soviétique, avec l’ouverture de magasins permettant aux diplomates étrangers d’acheter en dollars (et désormais en euros) des produits occidentaux. Comme les beriozka (« petit bouleau », en russe), qui, entre 1961 et 1990, proposaient aux étrangers et à la nomenklatura, l’élite nationale, une riche palette de produits importés, les futures boutiques seront surtout pour l’Etat un bon moyen d’acquérir des devises.

Un juteux business en ces temps de sanctions contre Moscou alors que des dizaines de grandes marques occidentales ont quitté la Russie et que des magasins ont été contraints de fermer en raison des dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement. L’affaire sera gérée directement par une société créée sous la tutelle du ministère des affaires étrangères russe, en association avec un partenariat commercial.

Dans les rayons, comme au bon vieux temps de l’URSS, seront proposés, hors taxe, alcools, tabac, bijoux, cosmétiques, parfums, mais aussi montres connectées et smartphones dernier cri. Ces produits risquent pourtant d’être couverts par les sanctions européennes : il est interdit de vendre, de fournir, de transférer ou d’exporter, directement ou indirectement, les articles de luxe d’une valeur supérieure à 300 euros à des personnes physiques ou morales résidant en Russie.

Le retour du marché noir

La règle est contournée régulièrement et de tels produits sont aujourd’hui proposés discrètement dans les grands centres commerciaux du luxe moscovites. Avec les sanctions et les premiers signes de la crise économique, le marché noir a fait son retour, encouragé par le ministère de l’industrie et du commerce russe, qui a autorisé des importations « parallèles » de biens étrangers sans l’autorisation du détenteur de la propriété intellectuelle.

C’est un décret du premier ministre russe, Mikhail Michoustine, qui a autorisé l’ouverture de ces nouvelles beriozka, magasins à devises dont le nom n’a pas encore été rendu public. La décision date du 26 juillet, mais les médias russes viennent seulement de la remarquer. L’ouverture des premiers points de vente, qui devraient apparaître rapidement dans le centre de Moscou et de Saint-Pétersbourg, est prévue pour le 27 août.

A l’époque soviétique, ces boutiques étaient aussi ouvertes aux militaires et à certains travailleurs opérant à l’étranger. Aujourd’hui, seuls seront a priori admis les diplomates, les employés d’une organisation internationale et les membres de leur famille. Pour faire ces libres emplettes, ils devront être munis de documents spéciaux. En revanche, comme autrefois, les produits pourront ensuite circuler et se revendre. Pour l’élite russe, fortunée et en manque de shopping occidental, ce sera un moyen détourné d’acquérir des biens de meilleure qualité et plus variés que ceux proposés par les boutiques ordinaires.

via LeMonde

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