A Sotchi, Poutine et Erdogan renforcent leur coopération économique et énergétique


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son homologue russe, Vladimir Poutine, à Sotchi, en Russie, le 5 août 2022 (photo prise et diffusée par le service de presse présidentiel turc).

C’est dans la résidence d’été du chef de l’Etat russe, sur les bords de la mer Noire, que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son homologue Vladimir Poutine se sont entretenus en tête à tête pendant près de quatre heures, vendredi 5 août. « Aujourd’hui, bien sûr, les yeux du monde entier sont tournés vers Sotchi », s’est réjoui le dirigeant turc, auréolé de son statut de médiateur incontournable entre Moscou et Kiev.

Dès le début des entretiens, le chef du Kremlin a remercié son hôte d’avoir négocié et mis en œuvre l’accord céréalier, supervisé depuis Istanbul par des responsables d’Ukraine, de Russie, de Turquie et des Nations unies. « Grâce à votre participation directe et à la médiation du secrétariat de l’ONU, le problème lié aux exportations de céréales ukrainiennes en provenance des ports de la mer Noire a été résolu. Les livraisons ont déjà commencé et je voulais vous en remercier », a déclaré M. Poutine.

Le même jour, trois bateaux transportant des milliers de tonnes de maïs ont pu quitter les ports ukrainiens. Un premier navire était sorti, lundi 1er août, du port ukrainien d’Odessa, situé à 800 kilomètres à l’ouest de Sotchi. L’accord céréalier est avantageux pour la Russie, qui va pouvoir exporter ses céréales et ses engrais, malgré les sanctions financières occidentales, légèrement assouplies grâce aux bons offices d’Ankara. Dans le communiqué commun publié après les pourparlers, les deux dirigeants ont souligné « la nécessité d’une réalisation complète de l’accord global conclu à Istanbul, y compris l’exportation sans entraves de céréales et d’engrais russes ».

Les discussions se sont tenues sous le sceau de la confidentialité. Il n’y a pas eu de conférence de presse après la réunion et M. Erdogan, venu en voisin pour l’après-midi, a rapidement quitté la Russie une fois celle-ci terminée.

Outre les exportations de céréales et la situation dans le nord de la Syrie, où l’armée turque prépare une nouvelle incursion contre les Kurdes syriens alliés des Occidentaux, il a surtout été question d’énergie. Vladimir Poutine a insisté sur le rôle joué par Ankara dans l’acheminement du gaz russe vers les foyers européens à travers le gazoduc TurkStream, qui traverse la mer Noire. « Les consommateurs européens devraient être reconnaissants envers la Turquie pour ce flux ininterrompu de gaz naturel », a-t-il souligné.

Dépendante de la Russie pour sa consommation de gaz et de pétrole, la Turquie, actuellement confrontée à une inflation galopante (80 % en moyenne annuelle, selon les chiffres officiels), espère pouvoir maintenir des prix abordables pour l’énergie qu’elle consomme. En un an, le prix du litre d’essence à la pompe a augmenté de 300 %, suscitant une vague de mécontentement parmi la population. Tenter de limiter l’envolée des prix de l’énergie est une priorité pour le président Erdogan, dont la popularité s’essouffle à moins d’un an des élections présidentielle et législatives, prévues en juin 2023.

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via LeMonde

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