A Varsovie, Polonais et Ukrainiens ont défilé ensemble à la marche des fiertés


Lors de la marche des fiertés, à Varsovie, le 25 juin 2022.

Au beau milieu du cortège de la marche des fiertés de Varsovie, samedi 25 juin, Oksana avance d’un bon pas, drapeau ukrainien sur le dos. Derrière elle, le camion de la « grève des femmes » – une organisation polonaise défendant le droit à l’avortement – affiche une banderole aux couleurs de l’Ukraine invitant la foule à être « brave comme l’Ukraine ». Pour la première fois de leur histoire, Kiev et Varsovie marchent ensemble pour l’égalité des droits des personnes LGBTQ+ et en solidarité avec l’Ukraine, victime de l’agression russe.

« J’habite en Pologne depuis six ans et je n’ai jamais eu l’occasion de participer à la Pride de Kiev, je suis donc ravie qu’elle soit venue à moi, même si j’aurais préféré qu’elle puisse se tenir dans la capitale ukrainienne », explique Oksana, 24 ans, une étudiante ukrainienne vivant à Varsovie. « C’est la première marche des fiertés de ma vie », s’exclame à ses côtés Anna, une Ukrainienne venue se réfugier en Pologne au premier jour de la guerre.

« Nous avons mis nos propres revendications de côté pour que cette édition soit aussi une marche de solidarité avec l’Ukraine », rapporte Julia Maciocha, directrice de la parade de l’égalité, l’organisation en charge de cette vingt-troisième marche des fiertés varsovienne. « La loi martiale en vigueur en Ukraine ainsi que l’état de siège rendent toute marche impossible dans la capitale ukrainienne, sans parler de la sécurité qui n’y est que relative », explique Lenny Emson, à la tête de la KyivPride, la marche des fiertés kiévienne.

« Notre but, c’est d’être visible : nous marchons contre l’agression russe. Si l’Ukraine n’est pas soutenue, la communauté LGBTQ+ y sera éradiquée, nous serons les premiers à être pourchassés, poursuit la militante, qui n’a pas quitté la capitale ukrainienne quand les combats faisaient rage dans sa banlieue. C’est aussi un moyen pour nous d’être reconnaissants envers la marche de l’égalité varsovienne, qui nous a soutenus dès le début de la guerre, en envoyant de l’aide humanitaire. »

« Le pouvoir a fait de nous l’ennemi public numéro un »

Une dizaine d’organisations LGBTQ+ ukrainiennes ont ainsi pu défiler en tête de cortège, brandissant d’une main le drapeau arc-en-ciel et, de l’autre, une pancarte demandant la libération des combattants d’Azovstal – en référence aux forces ukrainiennes de l’aciérie de Marioupol, passée aux mains des Russes.

Au-delà de la cause ukrainienne, que la Pologne défend ardemment depuis le début du conflit, les communautés LGBTQ+ de ces deux pays voisins partagent un certain nombre de combats. « La Pologne nous comprend, les LGBTQ+ y ont presque les mêmes problèmes que nous en matière d’homophobie ou de transphobie », affirme Lenny Emson. Les deux pays n’ont ainsi pas d’outil juridique approprié pour poursuivre les incitations à la haine basées sur le genre ou l’orientation sexuelle.

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via LeMonde

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