A Vienne, les négociations sur le nucléaire iranien restent au point mort

A la table des discussions, à Vienne, le 3 décembre 2021, le coordonnateur européen Enrique Mora (avec la cravate rouge) et, à sa gauche, le négociateur en chef iranien Ali Bagheri.

La première semaine de discussions avait été décevante. Et malgré la poursuite des négociations, le dossier n’avance toujours pas entre Téhéran et les représentants des trois pays européens qui tentent, à Vienne, de sauver l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien (appelé JCPoA en anglais pour « Joint Comprehensive Plan of Action »).

« A ce stade, il n’a pas encore été possible d’entrer dans de vraies négociations », ont déclaré des responsables diplomatiques de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. « Nous perdons un temps précieux dans la discussion [sur] de nouvelles positions iraniennes incompatibles avec le JCPoA ou allant au-delà de ce qu’il prévoit », ont-ils regretté.

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Après cinq mois d’interruption, les négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien ont repris le 29 novembre à Vienne. Elles réunissent les pays toujours parties à l’accord signé en 2015 dans la capitale autrichienne, soit les trois Européens ainsi que la Chine, la Russie et l’Iran. Les Etats-Unis, qui se sont retirés unilatéralement du pacte en 2018 et ont rétabli des sanctions contre Téhéran sous la présidence de Donald Trump, y participent indirectement.

« Cette situation est frustrante car les contours d’un accord équitable et global, permettant la levée de l’ensemble des sanctions liées au JCPoA et répondant à nos préoccupations de non-prolifération sont clairement connus, et ce depuis l’été dernier », ont précisé les diplomates européens. « Mais le temps est compté. A défaut de progrès rapides, au vu de l’avance rapide du programme nucléaire iranien, le JCPoA deviendra très prochainement une coquille vide ».

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Marche arrière

Dimanche, le négociateur en chef iranien Ali Bagheri avait fait état de progrès. « Les deux parties sont sur le point de se mettre d’accord sur les questions qui devraient être à l’ordre du jour. C’est une évolution positive et importante car, au début, elles n’étaient même pas d’accord sur les questions à négocier », avait déclaré M. Bagheri, à l’agence officielle iranienne Irna.

Les Occidentaux ont pour leur part accusé les Iraniens d’avoir fait marche arrière par rapport au printemps. La diplomatie américaine soupçonne ouvertement le pays ennemi de vouloir gagner du temps pour parallèlement développer son programme nucléaire qui le rapproche de plus en plus de la bombe.

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Washington a prévenu ces derniers jours qu’il ne laisserait pas Téhéran adopter cette attitude encore longtemps, et confirmé qu’un plan B aux contours encore flous était en préparation. Mais c’est la première fois qu’un pays membre de l’accord affirme qu’il s’agit des négociations de la dernière chance.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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