A Washington, les nominations politiques constituent un système très contesté

Le chef de la minorité sénatoriale Mitch McConnell au Capitole, à Washington, aux Etats-Unis, le 16 décembre 2021.

A son arrivée à la Maison Blanche, chaque président américain s’engage dans un exercice de ressources humaines et de gestion partisane complexe : le processus de nomination pour environ 4 000 postes dits « politiques », au sein des administrations relevant de l’exécutif et des agences autonomes. Près de 1 200, parmi ceux-ci, exigent une confirmation parlementaire, soit une augmentation de 56 % entre 1960 et 2016. Selon la Constitution, il revient au président d’adresser au Sénat son candidat pour un poste spécifique. Puis le Sénat le soumet à l’examen de la commission spécialisée dans son domaine d’activité. Les membres de la commission interrogent alors le ou la candidate sur son parcours, ses écrits, ses analyses, sa conception du poste, puis expriment leur avis, avant un éventuel vote en séance plénière.

Or ce système est aujourd’hui très contesté, en raison d’une embolie au Sénat. Le Washington Post et l’organisation non gouvernementale Partnership for Public Service se sont associés pour recenser les nominations validées et surtout celles qui demeurent suspendues, sur 800 postes-clés. Pour l’heure, Joe Biden n’a désigné des candidats que pour la moitié environ. Et ils ne sont que 266 à avoir pris leurs fonctions (238 sous Trump à la même époque), 169 étant encore bloqués au Sénat. Le problème est particulièrement criant au département d’Etat. Des dizaines de dossiers de diplomates sont gelés. Il fallut attendre tard dans la nuit, le 18 décembre, juste avant la trêve de Noël, pour qu’une quarantaine de nominations soient confirmées, après des mois d’immobilisme.

Le 14 décembre, au cours d’une conférence de presse à Djakarta (Indonésie), le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, s’est exprimé sur le sujet, sans dissimuler son impatience. « La semaine dernière, disait-il, seulement 16 % de nos ambassadeurs avaient été confirmés. Au même moment sous les trois administrations précédentes, le chiffre se situait entre 70 % et 90 %. Des postes cruciaux, dont Pékin, demeurent vacants. C’est un énorme problème. Dans chaque défi auquel nous sommes confrontés, notamment les affaires avec la Russie, avec la Chine, avec des acteurs non étatiques, nous sommes entravés par le fait que nous ne disposons pas sur le terrain de notre équipe complète pour la sécurité nationale et la politique étrangère. »

« Sans précédent »

Symbole absolu de cette paralysie : Nicholas Burns n’a pas encore pu prendre ses fonctions à Pékin, alors que la Chine est la ligne d’horizon de la diplomatie Biden. Il n’a été confirmé que le 16 décembre, après des semaines d’opposition du sénateur républicain Marco Rubio. Le vote d’une loi interdisant l’importation aux Etats-Unis de nombreux produits fabriqués dans la province du Xinjiang, où les Ouïgours sont massivement réprimés, a levé cet obstacle.

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via LeMonde

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