Accord sur le nucléaire : les Etats-Unis ouvrent la voie diplomatique avec l’Iran

Joe Biden à la Maison Blanche, à Washington, le 26 janvier 2021.

Les petits pas ont débuté. S’ils valent bien mieux que l’inaction, ils ne garantissent pas le succès. En coordination avec leurs partenaires européens, les Etats-Unis ont consenti à plusieurs gestes à l’égard de l’Iran, jeudi 18 février, pour rétablir un contact diplomatique et se donner une chance de sauver l’accord sur le nucléaire (JCPoA). Le temps pressait, puisque la République islamique s’apprête à limiter grandement les possibilités d’inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses sites, en vertu d’une loi votée au Parlement en décembre.

Pour la première fois depuis deux ans, tous les signataires du JCPoA exprimaient publiquement, ces dernières semaines, une même volonté : celle de réhabiliter cet accord signé en 2015. Mais la défiance profonde qui s’est instaurée depuis le retrait américain en 2018, puis les entorses graves de l’Iran à ses propres obligations, a placé au cœur des préoccupations ce qu’on appelle le « séquençage ». Soit la chorégraphie précise du retour américain et iranien dans le cadre de l’accord. Personne, bien entendu, ne voulant donner l’impression de céder à la pression de l’autre.

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La sortie de cette paralysie a eu lieu jeudi, en plusieurs mouvements. A Paris, les ministres des affaires étrangères de l’E3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) se sont réunis, avant de dialoguer par visioconférence avec le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, pendant une heure et demie. L’Iran était le sujet essentiel. C’est la deuxième discussion transatlantique dans ce format, après celle du 5 février – elle témoigne d’une méthode de concertation retrouvée. Un long communiqué a été publié à son terme, signé par Jean-Yves Le Drian, l’Allemand Heiko Maas, le Britannique Dominic Raab et Antony Blinken.

Possible simultanéité

Saluant « la reprise d’un dialogue approfondi et confiant entre les membres de l’E3 et les Etats-Unis », les signataires ont mis en garde l’Iran contre l’escalade très malvenue que représenterait la limitation des inspections de l’AIEA. Le communiqué appelle Téhéran à « prendre en considération les conséquences d’une mesure aussi grave, en particulier dans ce moment d’opportunité pour un retour à la diplomatie ».

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Du côté iranien, on estime que ces mesures sont facilement réversibles, comme les autres entorses au JCPoA décidées ces derniers mois, tel l’enrichissement de l’uranium à 20 % ou la production d’uranium métal. Mais les diplomates européens soulignent qu’une période sans pleine capacité d’inspection équivaut à éteindre la lumière dans une pièce, sans avoir ensuite la possibilité, rétrospectivement, de savoir ce qui s’y est passé.

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via LeMonde

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