Accueil de réfugiés afghans : le discours d’Emmanuel Macron indigne la gauche ; la France n’a « pas du tout à rougir » selon l’Elysée

Emmanuel Macron lors de son allocution à propos de la crise politique en Afghanistan, lundi 16 août.

La France est l’un des pays qui accordent le plus la protection aux Afghans, a affirmé l’Elysée à l’Agence France-Presse (AFP), mardi 17 août, en réponse aux critiques d’élus de gauche quant aux propos d’Emmanuel Macron s’inquiétant d’éventuels « flux migratoires irréguliers » en provenance d’Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans dans le pays.

« Nous n’avons pas du tout à rougir, car nous sommes l’un des pays qui accueillent le plus d’Afghans et qui leur donnent le plus de protection », a souligné la présidence à l’AFP. Dans le contexte de crise liée au retour des talibans au pouvoir, « la France est très attentive à la situation des Afghans », considère l’Elysée, mais « cela n’empêche pas ce qui serait faire preuve de naïveté et de manque de responsabilité d’être très ferme face aux trafics et aux réseaux qui profitent de la misère et de la peur » de ceux qui souhaitent quitter le pays.

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Plusieurs responsables de gauche et d’associations ont dénoncé les propos tenus lundi soir par Emmanuel Macron, qui a assuré que la France faisait « son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés », tout en affirmant la nécessité de « nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants ».

Devant le début de polémique – et alors que ses propos avaient été raillés par le lanceur d’alerte Edward Snowden par un message sur Twitter : « Emmanuel Le Pen ! » –, le chef de l’Etat avait précisé lundi peu avant minuit, également sur Twitter, à propos de ses déclarations « que certains veulent détourner », que « la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés ».

Une « confusion entre asile et immigration irrégulière »

Le député écologiste (ex-La République en marche) Matthieu Orphelin l’a accusé d’entretenir une « confusion entre asile et immigration irrégulière », tandis que le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a affirmé que « les personnes qui fuient la guerre, l’oppression et la mort » n’étaient pas « des flux migratoires irréguliers ». Pour l’Elysée, « l’intérêt collectif » de la communauté internationale est « d’anticiper » en « coordination avec les pays voisins de l’Afghanistan et les pays de transit ».

« La vigilance est nécessaire par rapport aux réseaux, aux trafics d’êtres humains et aux intentions malveillantes », a ajouté un conseiller présidentiel, en faisant allusion à d’éventuelles menaces terroristes. « Plus on anticipe, plus on peut faire notre devoir », a-t-il souligné, en précisant que la France prendrait « sa part dans le cadre d’un accord international ».

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Le candidat à la primaire écologiste Yannick Jadot s’est dit « sidéré » d’entendre « que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l’enfer des talibans sont d’abord une menace », et le maire de Grenoble, Eric Piolle (Europe Ecologie-Les Verts), a estimé que « Macron fait honte à la France ». Même indignation chez les députés La France insoumise, où Adrien Quatennens a accusé le chef de l’Etat de « rabougrir la France », tandis que Clémentine Autain et Eric Coquerel dénonçaient une réponse « sordide ».

A droite, Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle, avait averti avant le discours du chef de l’Etat que « la crise afghane se poursuivra sous la forme d’une nouvelle vague migratoire en Europe ». Sur le sujet migratoire, où le discours s’est durci depuis ces derniers mois au sein du parti Les Républicains, le président du groupe au Sénat, Bruno Retailleau, a appelé à faire preuve de « fermeté ». « La France n’a pas les moyens d’une vague migratoire de plus », a également estimé Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Lire l’éditorial du « Monde » : Afghanistan : protéger ceux qui nous ont aidés

Depuis 2018, la France reçoit quelque 10 000 demandes d’asile de la part d’Afghans, pour un total d’environ 50 000 pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui a traité 8 200 dossiers depuis le début de l’année, accorde la demande de protection dans 64 % des cas, un chiffre qui atteint 89,9 % après examen des recours, contre une moyenne de 63 % sur l’ensemble de l’UE, selon les chiffres fournis par l’Elysée à l’AFP.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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