Acculé par sa dette, le Ghana retourne voir le FMI


Manifestation contre les récentes difficultés économiques à Accra, le 29 juin 2022.

La pilule est amère pour le gouvernement du Ghana. Le président Nana Akufo-Addo a dû annoncer le 1er juillet que le pays solliciterait à nouveau l’aide financière du Fonds monétaire international (FMI), quelques jours après de nouvelles manifestations organisées à Accra, la capitale, contre la vie chère. L’institution a aussitôt accepté la requête et dépêché une délégation dans le pays.

« Le FMI est prêt à aider le Ghana à rétablir sa stabilité macroéconomique, à préserver la viabilité de sa dette et à promouvoir une croissance inclusive et durable, a indiqué le FMI dans un communiqué, ainsi qu’à faire face à l’impact de la guerre en Ukraine et de la pandémie persistante. » Et de conclure : « Nous nous réjouissons de notre engagement avec les autorités d’Accra. »

A la Jubilee House, le palais présidentiel, l’ambiance n’est pas à la fête. Il faut dire que depuis six ans, la doctrine « Ghana Beyond Aid » était l’un des piliers de la rhétorique électorale de Nana Akufo-Addo, qui en avait fait l’emblème de la souveraineté nationale. Le programme éponyme, lancé en 2018 et destiné à sevrer le pays, grand exportateur de cacao, d’or et de pétrole, de l’aide internationale, semblait porter ses fruits.

En 2019, le président avait mis fin en grande pompe à l’accord signé avec le FMI par son prédécesseur John Mahama – un prêt d’environ un milliard de dollars en contrepartie d’un plan de rigueur budgétaire – et promis solennellement que le pays avait, enfin, obtenu son indépendance économique. Une émancipation de l’assistance des pays riches qui avait valu au chef de l’Etat ghanéen une certaine aura sur la scène continentale.

Une inflation qui s’envole

C’était compter sans les crises successives du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, dont les répercussions ont ébranlé toutes les économies ouest-africaines. La dette ne cesse de s’alourdir et atteint désormais 78 % du produit intérieur brut (PIB) contre 62,5 % il y a cinq ans. Dans le même temps, l’inflation s’est envolée en mai à plus de 27 %, du jamais vu depuis dix-huit ans.

Le gouvernement a bien tenté ces derniers mois de muscler sa politique fiscale, avec la mise en place de la très controversée taxe E-levy sur les transactions électroniques, et de baisser les dépenses publiques, en réduisant notamment le nombre de ministres, sans grand succès. Soucieux de retrouver un accès aux marchés financiers internationaux dont il s’est brutalement trouvé exclu, le pays était acculé, mais le coup est rude. C’est la 17fois de son histoire que le Ghana appelle le FMI à l’aide.

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via LeMonde

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