Adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne : pourquoi c’est un enjeu crucial à Kiev


Le président du Parlement ukrainien, Ruslan Stefanchuk, est accueilli par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au Parlement européen, le 8  juin, à Strasbourg.

L’enjeu est de taille, mais Kira Rudik se dit confiante. Le conseil européen des 23 et 24 juin à Bruxelles va trancher une question cruciale pour l’avenir de l’Ukraine, son pays : lui accorder, ou non, le statut de candidat de l’Union européenne (UE). La Commission européenne s’est déjà prononcée en faveur de cette demande, déposée par Kiev au lendemain du déclenchement de la guerre par la Russie, et la France, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, assure qu’un « consensus total » s’est, au fil des semaines, dégagé sur la question.

La députée et cheffe du parti libéral et pro-européen Holos a donné rendez-vous dans un restaurant tenu par des Tatars de Crimée, dans le centre de Kiev. « Je sais que les pays européens ont adopté une posture plus rationnelle aujourd’hui, affirme la femme de 36 ans, restée dans la capitale depuis le début de la guerre. Mais s’ils nous refusaient le statut de candidat, comment pousser nos soldats à continuer de se battre ? Les valeurs démocratiques pour lesquelles nous nous battons n’auraient plus de sens. Ils ne peuvent pas refuser. »

C’est un des combats de la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien. Depuis le début de la guerre, les députés se sont largement mobilisés afin de convaincre les Etats européens d’accélérer le processus d’adhésion.

« Rêve à portée de main »

Dimanche 19 juin, les parlementaires ont soutenu à 315 voix pour, 0 contre, une résolution demandant à l’UE d’accorder à l’Ukraine le statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE. La plate-forme d’opposition prorusse Pour la vie, deuxième force politique du pays, a également voté pour le texte. Si le parti a été officiellement interdit dans le contexte de la guerre, les députés de cette formation continuent de se rendre au Parlement. « On peut supposer que le changement de position des députés est dû à leur volonté de démontrer leur utilité pour le pouvoir lors de scrutins importants », analyse l’ONG Chesno, spécialisée dans le suivi des travaux du Parlement et la transparence de la vie politique. Il s’agirait aussi pour ces élus de tenter de faire oublier leur proximité avec le Kremlin, en ces temps d’union sacrée dans le pays.

« Des générations entières se sont battues pour avoir une chance de s’échapper de la prison de l’Union soviétique et, comme un oiseau libre, de s’envoler vers la civilisation européenne. Aujourd’hui, le rêve ukrainien commun est à portée de main ! », a déclaré, après le vote, le président du Parlement, Ruslan Stefanchuk. Ces dernières semaines, l’élu de 46 ans, en poste depuis seulement octobre 2021, s’est rendu en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et devant le Parlement européen, à Strasbourg, pour plaider en faveur de la candidature de son pays.

Il vous reste 52.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess