Affaire Epstein : nouveau revers judiciaire pour le prince Andrew, sous la menace d’un procès civil

Le prince Andrew lors d’une messe dominicale, à Royal Lodge (Royaume-Uni), en avril 2021.

Le prince Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth II, affronte la perspective d’un procès au civil aux Etats-Unis. Le juge new-yorkais Lewis Kaplan a tranché, mercredi 12 janvier, en faveur des arguments de la plaignante, Virginia Giuffre, qui accuse le duc d’York, 61 ans, de l’avoir abusée sexuellement à trois reprises en 2001, alors qu’elle était encore mineure (17 ans). Cette décision abîme un peu plus la réputation du prince et constitue un coup dur pour la famille royale britannique, qui aurait préféré consacrer l’année 2022 à la célébration du jubilé de platine de la souveraine (70 ans de règne), plutôt qu’à un grand déballage judiciaire à la résonance médiatique mondiale.

Virginia Giuffre (née Roberts) assure avoir été forcée à des relations sexuelles avec le prince à Londres, à New York et dans les Caraïbes par le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein (un ami du prince, qui s’est suicidé en prison en 2019) et son associée Ghislaine Maxwell, reconnue coupable fin 2021 de trafic sexuel d’adolescentes.

Le duc d’York a toujours nié ces allégations. Ces derniers mois, ses avocats ont essayé d’empêcher un procès, leur ultime tentative étant l’évocation d’une clause, dans un accord à l’amiable signé en 2009 entre M. Epstein et Virginia Roberts, qui, à les en croire, empêchait cette dernière de poursuivre d’autres personnes que le financier américain pour agression sexuelle. Le juge Kaplan n’a pas retenu leurs arguments. Sa décision est susceptible d’appel.

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Les amitiés très discutables d’Andrew avec Jeffrey Epstein sont apparues au grand jour avec la publication, en 2010, d’une photographie du prince marchant au côté de l’Américain dans Central Park à New York, après que ce dernier a purgé une peine de prison pour agression sexuelle. Sur une autre photographie, parue en 2011 et désormais fameuse, le prince tient Virginia Roberts par la taille aux côtés de Ghislaine Maxwell (elle a été prise dans la résidence londonienne de cette dernière, en mars 2001). D’autres clichés ont été publiés au fil de l’eau, montrant qu’Andrew n’a pas hésité à introduire Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell au cœur des cercles royaux. Ils ont même été invités à Balmoral, résidence d’été très privée des Windsor dans l’Aberdeenshire, en Ecosse.

Fastueux train de vie

Le prince a choisi de rompre son silence sur ces relations sulfureuses lors d’une longue interview à l’émission « NewsNight » de la BBC, fin 2019. Le résultat a été catastrophique : non seulement il n’a montré aucune compassion pour les victimes de M. Esptein ni exprimé aucun regret d’avoir fréquenté si longtemps cet agresseur sexuel, mais les explications qu’il a avancées pour nier des relations sexuelles avec Virginia Roberts ont surpris.

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via LeMonde

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