Affaire Pegasus : la France tente de vérifier si le portable d’Emmanuel Macron a été « infecté »

Emmanuel Macron et ses deux téléphones, en novembre 2017 durant un sommet européen en Suède.

Après avoir été pris de court, l’Elysée essaie de montrer que l’affaire est sous contrôle. Deux jours après les révélations par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International avec seize médias internationaux, dont Le Monde, de la présence d’un téléphone d’Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles du logiciel espion Pegasus, le chef de l’Etat a tenté de reprendre la main, en réunissant, jeudi 22 juillet, un conseil de défense « exceptionnel » consacré à cette affaire.

A l’issue de cette réunion, l’Elysée a fait savoir que, par prudence, « le président a lui-même changé de téléphone et de numéro de téléphone pour certains échanges ». « Un certain nombre de protocoles de sécurité ont été réajustés, notamment autour du président de la République », a précisé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en expliquant que cette réunion avait « permis d’avoir un point d’étape » sur les investigations en cours.

« La prudence reste de mise »

Car, si un téléphone de M. Macron a bien figuré parmi les cibles potentielles de Pegasus, le sommet de l’Etat poursuit ses opérations de vérification pour déterminer si cet appareil a bien été « infecté ». Pour l’instant, « aucune certitude à ce stade n’est apparue, donc la prudence reste de mise », assure l’Elysée. L’enquête journalistique « ne dit pas si des données en ont été “retirées”, et donc c’est ça qui est en train d’être regardé », a précisé M. Attal. En attendant, M. Macron « suit au plus près ce dossier et prend cette affaire très au sérieux », souligne son entourage.

Le président « n’a jamais communiqué des informations sensibles sur un téléphone potentiellement espionnable », assure Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

Alors que le logiciel espion israélien aurait été utilisé par les services de renseignement marocains pour pirater le téléphone de M. Macron, l’exécutif dit vouloir « procéder dans l’ordre », avant d’éventuellement mettre en cause publiquement Rabat. « Il faut déjà voir si son téléphone a bien été infecté, s’il y a bien un lien avec le Maroc, puis savoir si l’on assume d’en faire un sujet de crise diplomatique avec ce pays. On n’en est pas là », explique un proche du chef de l’Etat au Monde. De son côté, le Maroc a promis une enquête sur les « accusations infondées » selon lesquelles il a utilisé le logiciel de la firme israélienne NSO Group à des fins d’espionnage.

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via LeMonde

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