Affaire Peng Shuai : qui est Steve Simon, le président de la WTA

Steve Simon, à Mexico, le 8 novembre.

Ferme face à la Chine

En exigeant que les accusations de viol formulées par la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai à l’encontre d’un ancien vice-­premier ministre fassent « l’objet d’une enquête complète, transparente et sans censure », l’Américain Steve Simon, 66 ans, s’est engagé dans un bras de fer avec Pékin. Et il n’entend rien lâcher : peu convaincu par la réapparition de la sportive dans les médias chinois, cet homme discret, et jusque-là inconnu du grand public, assure que la WTA (Women’s Tennis Association) est « prête à retirer [de Chine] ses activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent » si le pays refuse de coopérer. Un engagement salué par de nombreuses personnalités, un an après que la NBA a fini par céder face à la Chine, dans un conflit déclenché par un tweet de soutien à Hongkong.

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Sauveur d’un tournoi

Avant d’arriver à la tête de la WTA, Steve Simon a dirigé le tournoi américain d’Indian Wells, où il est entré comme simple commercial, de 2004 à 2015. Selon le journal local Desert Sun, il y applique une philosophie de « changement constant, d’innovation et d’amélioration ». Après avoir contribué à maintenir le tournoi sur son site historique au début de son mandat, alors qu’il était menacé de déménager en raison de difficultés économiques, Steve Simon fait du BNP Paribas Open d’­Indian Wells l’une des compétitions les plus courues du circuit – au point que l’événement est parfois qualifié de « cinquième Grand Chelem ». En 2014, un an avant son départ, son parcours est couronné par la désignation d’Indian Wells en tant que tournoi préféré des joueurs dans la catégorie Masters 1000.

Promoteur vers l’Asie

Surfant sur le succès de la chinoise Li Na à Roland-Garros, en 2011, Steve Simon a contribué au développement du ­circuit en Asie – « continent majeur sur le marché du tennis », selon l’ancien président de la Fédération française de tennis (FFT), Bernard Giudicelli. En 2018, il a ainsi signé un juteux contrat avec la ville de Shenzhen pour l’organisation de dix éditions du Masters, où s’affrontent les huit meilleures joueuses de chaque saison. « C’est une énorme opportunité pour nous », avait-il confié au New York Times, en affirmant que les organisateurs s’étaient engagés à investir près de 1 milliard de dollars (888 millions d’euros) pour la compétition, en comptant les dépenses d’infrastructures et les sommes attribuées aux vainqueurs.

Estimé par son milieu

A son arrivée à la tête de la WTA, en 2015, Steve Simon a reçu le soutien de plusieurs joueuses de premier plan, dont Serena Williams et Maria Sharapova. « Il a les compétences professionnelles, les relations avec les joueuses et l’intelligence requises pour diriger ce circuit », estimait alors la Danoise Caroline Wozniacki. Sa position dans l’affaire Peng Shuai a par ailleurs été saluée par Marion Bartoli ou Billie Jean King. « C’est un vrai leader », qui a « l’art du compromis sans la compromission », confie au Monde Bernard Giudicelli, qui a eu affaire à lui à plusieurs reprises. « Il a permis de maintenir le bateau à flot grâce au deal avec les Chinois, mais c’est un deal qui est fragile comme le montre cette crise. »

via LeMonde

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