Afghanistan : inquiétudes autour d’« exécutions sommaires » d’ex-policiers par les talibans

L’arme d’un soldat taliban qui y a accroché une rose, le 4 décembre 2021 à Kaboul. Les dirigeants talibans désirent acquérir une respectabilité internationale, mais un rapport d’ONG dénonce des « exécutions sommaires » d’anciens membres des forces de sécurités afghanes.

S’appuyant sur des révélations d’organisations de défense des droits humains, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux s’inquiètent du traitement réservé par le régime taliban, en Afghanistan, aux anciens membres des forces de sécurités afghanes.

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état d’exécutions sommaires et de disparitions forcées d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, comme l’ont documenté Human Rights Watch et d’autres », assurent une vingtaine de pays, dont la Grande-Bretagne et le Japon, ainsi que l’Union européenne (UE) dans un communiqué publié par le département d’Etat américain.

« Nous soulignons que les actions présumées constituent de graves violations des droits humains et contreviennent à l’amnistie annoncée par les talibans », a déclaré le groupe d’alliés, appelant par ailleurs les nouveaux dirigeants afghans à garantir que l’amnistie soit appliquée et « maintenue dans tout le pays et dans tous leurs rangs ».

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Tiraillements au sein de l’Union européenne sur l’attitude à l’égard des talibans

Cette semaine, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait publié un rapport qui, selon elle, documente « des meurtres ou des disparitions dont ont été victimes 47 anciens membres des Forces nationales de sécurité afghanes qui se sont rendus ou étaient détenus par les forces talibanes entre le 15 août et le 31 octobre ».

« Parmi les victimes figurent des membres du personnel militaire, des policiers, des agents des services de renseignement et des miliciens », précisait HRW.

« Enquêtes rapides et transparentes »

Pour Washington et ses alliés, « les cas signalés doivent faire l’objet d’enquêtes rapides et transparentes, les responsables doivent pouvoir rendre des comptes et ces étapes doivent être clairement annoncées pour agir comme moyen de dissuasion immédiat de nouveaux meurtres et disparitions ».

Outre les Etats-Unis et l’UE, les signataires du communiqué sont la France, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, la Bulgarie, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande,, le Japon, la Macédoine du Nord, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et l’Ukraine.

« Nous continuerons de juger les talibans sur leurs actes », ont-ils rappelé.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés En Afghanistan, la multiplication des attentats jette le doute sur la capacité des talibans à garantir la sécurité sur leur territoire

Les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en août, alors que le gouvernement soutenu par les Etats-Unis à Kaboul et l’armée du pays s’effondraient. Leur retour aux commandes du pays est survenu vingt ans après qu’ils en ont été chassés par les forces américaines mettant fin à leur régime fondamentaliste, leur valant l’opprobre international en raison notamment du traitement brutal des femmes, de l’irrespect des droits humains et de l’interprétation rigoriste de l’islam.

« Allégations crédibles »

Les dirigeants talibans d’aujourd’hui, désireux d’acquérir une respectabilité internationale, ont promis que leur régime serait différent. Mais le nouveau gouvernement a continué à appliquer des punitions violentes, et les Nations unies (ONU) ont exprimé leur inquiétude face aux « allégations crédibles » selon lesquelles les talibans auraient commis des meurtres en représailles depuis leur victoire, malgré les promesses d’amnistie pour les troupes du gouvernement déchu.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A Doha, les talibans en quête de dialogue avec les Occidentaux

Selon HRW, « les dirigeants talibans ont ordonné aux membres des unités de forces de sécurité s’étant rendues de venir s’inscrire pour obtenir une lettre garantissant leur sécurité. Cependant, les forces talibanes ont exploité ces listes de noms pour procéder à la détention et à l’exécution sommaire ou à la disparition forcée de ces personnes quelques jours après leur inscription ».

Des responsables américains se sont entretenus avec les autorités afghanes plus tôt cette semaine et ont exhorté le mouvement islamiste à donner accès à l’éducation aux femmes et aux filles à travers le pays. Les Etats-Unis ont également « exprimé leur profonde préoccupation concernant les allégations de violations des droits humains », a déclaré un porte-parole américain.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Les talibans cherchent à briser leur isolement diplomatique

Le Monde avec AFP

via LeMonde

Total
1
Shares

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess