Alberto Fernandez : « Les sanctions n’ont pas seulement des effets en Russie »


Le président argentin, Alberto Fernandez, le 11 mai 2022, à Berlin.

Le président argentin, Alberto Fernandez, achève vendredi 13 mai une tournée en Europe menée pour rechercher de nouveaux investissements, alors que l’économie de son pays, après deux ans de pandémie, est fragilisée par une inflation qui devrait atteindre près de 66 % en 2022. Après une âpre négociation, M. Fernandez (centre gauche) a obtenu le report du remboursement de la dette faramineuse contractée auprès du Fonds monétaire international (FMI) en 2018 par son prédécesseur de droite, Mauricio Macri (2015-2019). Un accord auquel s’est opposée sa vice-présidente, Cristina Fernandez de Kirchner, creusant un fossé au sein de la coalition de centre gauche au pouvoir.

La visite que M. Fernandez a effectuée à Moscou deux semaines avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, sa chaleureuse rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, puis l’incorporation de l’Argentine à la « nouvelle route de la soie » chinoise, lui ont aussi valu des critiques de la part de l’opposition. Alors que Buenos Aires préside la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (Celac), le chef de l’Etat devait rencontrer Emmanuel Macron vendredi 13 mai, après s’être entretenu avec les chefs des gouvernements espagnol, Pedro Sanchez, et allemand, Olaf Scholz.

Quelle est la raison de votre tournée en Europe ?

En tant que président de la Celac, je veux alerter sur les effets de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie sur les économies de l’Amérique latine, qui mettent en danger la sécurité alimentaire et énergétique. Certains pensent que nous pourrions tirer profit de l’augmentation des prix du soja, du blé, du maïs. Mais en vérité, cela a des répercussions négatives dans le monde entier, à cause de l’augmentation du prix des aliments. Il est urgent de négocier et d’arrêter ce conflit.

En février, vous avez dit que vous vouliez que l’Argentine soit la porte d’entrée de la Russie en Amérique latine. Quelle est votre position vis-à-vis de Moscou aujourd’hui ?

Il faut remettre les choses dans leur contexte. Quand j’ai rencontré Vladimir Poutine, la Russie venait de tendre la main à l’Amérique latine avec ses vaccins Spoutnik V. Moscou n’avait pas encore lancé l’intervention en Ukraine, et nous avons parlé de relations purement commerciales. Aujourd’hui, bien sûr, le contexte a changé. Il n’est plus question de parler de commerce avec la Russie, mais d’arrêter cette guerre. Et là, je veux parler au nom de l’Amérique latine, qui est un continent de paix. Après une pandémie, il est inadmissible d’être en train de verser du sang. Il faut arrêter ça.

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via LeMonde

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