Amazon impose à la police plus de transparence sur l’utilisation des images des caméras de vidéosurveillance des particuliers

Un modèle de caméra connectée de la marque Ring.

Les premiers partenariats noués au printemps 2018 entre Amazon et les services de police américains pour la récupération des images collectées par des particuliers via les caméras et sonnettes connectées de la marque Ring, – rachetée en février 2018 par le géant de Seattle –, avaient suscité de nombreuses inquiétudes.

Amazon a annoncé, jeudi 3 juin, une mesure permettant de rendre plus transparent le processus puisque la police et les autorités qui veulent avoir accès directement à ces informations devront désormais faire des requêtes publiques.

Le groupe commercialise sous la marque Ring tout une gamme de produits allant des sonnettes avec caméra intégrée aux alarmes pour les portes et fenêtres. Ceux-ci permettent de contrôler à distance ce qui se passe devant chez soi ou en cas d’intrusion. Leurs utilisateurs peuvent, s’ils le veulent, poster des vidéos et photos d’activités qu’ils jugent bon de signaler à leurs voisins, comme le vol d’un colis déposé sur leur porche, sur une plateforme dédiée baptisée Neighbors. Cette application peut être téléchargée par tout le monde, y compris par la police.

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Quand les autorités voudront avoir accès à ces informations ou à d’autres non publiées, elles devront désormais déposer une requête qui devra être « visible » sur le fil de Neighbors et « enregistrée sur le profil de l’autorité en question », a indiqué Ring dans un communiqué.

« Nous estimons que la transparence et le respect des responsabilités sont essentiels pour construire de meilleures communautés, plus sécurisées », a détaillé Ring. « Nous avons passé l’année dernière à travailler avec des experts indépendants pour trouver des moyens d’informer les clients sur la façon dont les agences de sécurité utilisent l’appli. »

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Déjà un moratoire en juin 2020

Amazon est dans le collimateur de nombreux élus et associations au regard de son impact sur l’environnement, des conditions de travail de ses employés et des soupçons de pratiques anticoncurrentielles, mais aussi de l’utilisation de ses technologies par les forces de l’ordre.

Des ONG et politiques demandent ainsi depuis des années au groupe de Seattle de ne pas collaborer avec la police américaine, par crainte que ses caméras connectées ou son logiciel de reconnaissance faciale Rekognition ne renforcent les discriminations à l’égard des minorités.

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En juin 2020, Amazon avait annoncé un moratoire d’un an sur l’utilisation de ce programme par la police, dans un contexte de manifestations contre les violences policières et le racisme aux Etats-Unis. Le mois dernier, l’entreprise a renouvelé cette interdiction « jusqu’à nouvel ordre ». Microsoft, IBM et Google ont pris des décisions similaires l’an dernier.

Mais une coalition d’ONG appelle Amazon à cesser complètement de vendre Rekognition. « Les technologies de reconnaissance faciale sont bien trop dangereuses pour être installées en fonction des lubies de firmes comme Amazon », a déclaré Evan Greer du groupe Fight for the Future, qui fait partie de cette coalition.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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