Amazon tente de revenir dans la course sur le marché encore émergent de la livraison par drone


Un drone de livraison d’Amazon exposé à l’Intrepid Sea-Air-Space Museum de New York, en mai 2017.

Disparue des radars depuis plusieurs années, Prime Air, la branche d’Amazon consacrée à la livraison par drone, refait parler d’elle. Lundi 13 juin, le service de l’entreprise d’e-commerce a annoncé qu’il passerait – enfin – des tests à la pratique, en ouvrant sa première ligne commerciale cette année, dans la ville de Lockeford, en Californie. Il promet à ses 3 500 habitants qu’ils pourront bientôt bénéficier de « milliers de produits de tous les jours » directement livrés dans leur jardin, sans pour autant préciser de date de mise en œuvre.

Le projet aérien de Jeff Bezos décolle-t-il enfin ? Depuis 2013, année de son lancement, son développement a été pour le moins chaotique. Deux milliards de dollars investis, une équipe de plus de 1 000 spécialistes répartis dans le monde et une date butoir de 2019… Prime Air a connu plusieurs revers : série de licenciements et accidents techniques, avec, notamment, un important crash en 2021, qui avait provoqué un incendie de forêt. La même année, l’entreprise se retrouve aussi sous le feu des critiques, après la publication de témoignages d’anciens salariés par Bloomberg, dénonçant un environnement de travail déplorable et le non-respect des normes sécuritaires.

Alors que la société peine à mettre en marche sa flotte de drones livreurs, d’autres sociétés se sont précipitées pour être les premières à offrir un service généralisé. Dans la famille des GAFA, c’est Alphabet – maison mère de Google – qui s’est installée à la place du principal concurrent.

Un marché anecdotique

Après la création de Wing, en 2019, son service de livraison aérienne, le géant de l’Internet a multiplié les phases de test, notamment en Australie pendant la pandémie de Covid-19. En mars, il a déclaré avoir réalisé plus de 200 000 livraisons par drone et a annoncé l’ouverture d’une première ligne commerciale aux Etats-Unis, à Dallas, en avril, où le géant de la grande distribution américaine Walmart s’est aussi installé.

Ce dernier a déclaré vouloir être opérationnel dans six autres Etats américains (Arizona, Arkansas, Floride, Texas, Utah et Virginie) d’ici à la fin de l’année, afin de couvrir près de 4 millions de foyers. De son côté, la France n’est pas en reste et accueille, depuis 2016, quelques lignes commerciales régulières, toutes gérées par GeoPost, filiale de La Poste.

Pour autant difficile d’affirmer que Prime Air est distancé sur le marché de la livraison par drone, car ce secteur reste encore très anecdotique et ultralocalisé. La première raison de ce très lent essor réside dans le cadre réglementaire très strict. D’abord réticente à l’idée de voir des drones proliférer, l’administration fédérale américaine de l’aviation (FAA, Federal Aviation Administration) a progressivement assoupli ses positions, accordant au compte-gouttes des certifications aux entreprises sur le territoire américain.

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via LeMonde

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