« Appartenir à l’Europe oblige au respect absolu de la dignité humaine et de la transparence démocratique »

Tribune. L’élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis et ses premiers discours ont rappelé l’importance des valeurs en politique. Il est de bon ton de moquer la prétendue naïveté des défenseurs des droits de l’homme. Les propagandistes des régimes autoritaires, en France, en Europe et ailleurs, assurent qu’il faut faire ami-ami avec des régimes criminels au nom de l’impérieuse nécessité du commerce et d’un prétendu réalisme qui indignait déjà Raymond Aron (1905-1983). Or, tant le « génocide des Ouïgours » – selon les termes du secrétaire d’Etat américain sortant, Mike Pompeo (le 20 janvier), confirmés par son successeur, Antony Blinken – que la tentative d’assassinat d’Alexeï Navalny par les services de sécurité russes (FSB) et la répression menée par le régime de Vladimir Poutine ont commencé à éclairer d’une lumière crue l’indignité de ces propagandistes, mais aussi le danger qu’ils représentent pour la sécurité de l’Europe.

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Or, cette Europe, précisément, est-elle capable de tenir une position ferme sur les droits ? Est-elle crédible et cohérente ? Le curseur se déplace vers la défense de la démocratie et de l’Etat de droit du côté de la Maison Blanche ; et l’arsenal de lutte contre la corruption, déjà amélioré par le Congrès, à bas bruit et de manière bipartisane, avant le 20 janvier 2021, devrait se renforcer. Mais l’Union européenne (UE) marque le pas, tant sur le plan interne que dans sa politique extérieure.

Un pacte social européen

L’Union trouve ses racines dans les idéaux de paix, de démocratie, de transparence et de solidarité. Certes, gauche et droite s’affrontent dans les urnes, mais l’ensemble des formations démocratiques était, jusqu’à il y a peu, formellement d’accord sur un pacte social qui associait respect des droits fondamentaux, économie sociale de marché et primauté de la règle de droit.

« Ne comparons jamais une démocratie, aussi imparfaite soit-elle, avec une dictature, mais voyons comment nos faiblesses alimentent le discours relativiste des extrêmes »

Or, depuis plusieurs années, des gouvernements européens conduisent des politiques souvent qualifiées d’illibérales, qui pourraient apparaître comme le stade primitif du fascisme : persécution des minorités dites « ethniques » et sexuelles, mise au pas de la justice et de la presse indépendante, restriction des libertés, notamment universitaires, retour de l’antisémitisme et de la xénophobie, officialisation de certains discours complotistes, volonté de réécrire l’histoire. D’autres ont développé des réseaux de corruption, parfois proches du pouvoir, qui corrodent l’Etat de droit et sont pain bénit pour les influences étrangères.

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via LeMonde

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