Après la pandémie de Covid-19, le Royaume-Uni prévoit une forte hausse d’impôts

Le chancelier de l’Echiquier, Rishi Sunak, à Londres, mercredi 3 mars.

Le Royaume-Uni aura été le premier à dégainer. Alors que les Etats-Unis et l’Union européenne préparent des plans de relance, le gouvernement britannique promet… des hausses d’impôts. Mais pas tout de suite, en 2023 seulement. D’ici là, les aides vont continuer à affluer, le temps de tourner la page de l’épidémie.

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En présentant son budget pour l’année d’avril 2021 à mars 2022, mercredi 3 mars, le chancelier de l’Echiquier, Rishi Sunak, avait un double message. D’une main, il a donné de nouvelles aides substantielles, en étendant l’essentiel des mesures en place pour six mois supplémentaires, y compris le chômage partiel, jusqu’à fin septembre. De l’autre, il a annoncé que cette générosité ne durerait pas. En particulier, il compte augmenter l’impôt sur les sociétés de 19 % à 25 %. « Quand la reprise sera là, nous devrons commencer à réparer nos finances publiques, je veux être honnête », a expliqué M. Sunak devant la Chambre des communes.

Facture sans précédent

Le gouvernement britannique a choisi de mettre la question du déficit public au cœur du débat politique dès maintenant. Il faut dire que le choc économique de la pandémie a été particulièrement violent au Royaume-Uni. Le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 9,9 % en 2020, ce qui en fait la deuxième économie la plus touchée après l’Espagne. « C’est la plus forte baisse [du PIB] depuis plus de trois cents ans », souligne M. Sunak. Or, le pays a choisi un modèle européen de soutien : chômage partiel, aides aux autoentrepreneurs, prêts garantis par l’Etat…

La facture est donc sans précédent : le déficit public pour l’année 2020-2021 sera de 17 % du PIB. L’année prochaine (2021-2022), même en tenant en compte du rebond attendu de la conjoncture au second semestre, il sera encore de 10 % du PIB. Au total, l’aide de l’Etat pour lutter contre les conséquences économiques du Covid devrait s’élever à 407 milliards de livres sterling (470 milliards d’euros), aux deux tiers déjà versés. « Nos emprunts sont au plus haut de l’histoire, hors des périodes de guerre », rappelle M. Sunak. La dette atteint désormais 107 % du PIB.

Le chancelier de l’Echiquier s’inquiète des soudaines tensions enregistrées sur les marchés financiers américains la semaine dernière : « Les taux peuvent monter très fortement »

Le chancelier de l’Echiquier, qui connaît bien les marchés financiers pour avoir été banquier à Goldman Sachs et avoir travaillé pour des fonds spéculatifs, s’inquiète en particulier d’une possible hausse des taux d’intérêt. « Pour l’instant, le coût de nos emprunts n’est pas cher [le taux britannique à dix ans est à 0,8 %]. Mais les taux d’intérêt et l’inflation ne vont pas rester bas pour toujours. Une hausse de 1 % de chacun d’entre eux nous coûterait 25 milliards de livres par an. » Il s’inquiète des soudaines tensions enregistrées sur les marchés financiers américains la semaine dernière. « Les taux peuvent monter très fortement. »

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via LeMonde

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