Après le naufrage de migrants dans la Manche, Boris Johnson appelle la France à une meilleure collaboration

Réagissant depuis le 10 Downing Street mercredi 24 novembre, Boris Johnson s’est dit « choqué, consterné et profondément attristé » par la tragique disparition d’au moins 27 personnes quelques heures plus tôt au large de Calais. Le premier ministre britannique a immédiatement appelé Paris à davantage collaborer, car « les opérations conduites par nos amis [les Français] sur les plages, soutenues par 54 millions de livres sterling d’argent britannique, n’ont pas été suffisantes. (…) Il est désormais temps d’intensifier nos efforts, de travailler ensemble et de tout faire pour mettre fin aux activités des gangs de passeurs meurtriers ».

La veille, Priti Patel, sa ministre de l’intérieur avait confirmé une information du Times, selon laquelle le Home Office avait proposé à Paris d’envoyer des policiers britanniques pour aider leurs collègues français à patrouiller sur les plages du Pas-de-Calais afin d’éviter les départs de small boats. Cette offre a été rejetée par le gouvernement français, à en croire le Times.

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« Nous avons eu des difficultés à persuader certains de nos partenaires, notamment les Français, à prendre les mesures que la situation réclame. Je comprends les difficultés auxquelles les pays font face, mais nous voulons travailler davantage ensemble (…) sur les plages concernées », a insisté M. Johnson, encore plus explicite mercredi. Un peu plus tard dans la soirée, suite à un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, un porte-parole du 10 Downing Street a fait savoir que « le premier ministre britannique et le président français ont convenu de l’urgence de renforcer la lutte contre les traversées illégales ».

Cet appel à collaborer marque-t-il un changement de posture du côté britannique ? Ces derniers mois, le Home Office n’a cessé de dénoncer un supposé manque de zèle hexagonal, laissant même entendre courant septembre que si les policiers français ne stoppaient pas davantage de small boats, Londres ne verserait pas les 54 millions de livres d’aides supplémentaires consenties l’été dernier pour financer un renforcement des effectifs policiers et logistiques sur les plages du Pas-de-Calais. Mais ces menaces n’ont fait que braquer les autorités hexagonales, et détériorer un peu plus des relations franco-britanniques déjà déplorables.

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Fébrilité à Downing Street

Il faut dire que Downing Street fait face à une sérieuse crise politique : le drame de mercredi a suscité une vive émotion dans le pays, les ONG et les députés de l’opposition travailliste déplorant un « drame évitable » et dénonçant l’« environnement hostile » à l’égard des migrants créé par le Home Office ces dernières années. De nombreuses voix, mercredi, ont appelé à un traitement « plus digne » des migrants. « Les mots comptent. Les pauvres âmes qui ont disparu dans la Manche méritent d’être qualifiées pour ce qu’elles sont : des personnes humaines. Des hommes, des femmes, des enfants, des mères, des pères, des filles et des fils. Ils aimaient et ils étaient aimés. En d’autres termes, ils étaient comme nous », a souligné Angela Rayner, la numéro deux du parti travailliste sur Twitter.

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via LeMonde

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