Assaut du Capitole : comment Donald Trump a voulu enrôler Mike Pence dans un coup d’Etat


Une vidéo de John Eastman (gauche) et Rudy Giuliani est projetée lors de la troisième audition publique de la commission d’enquête sur l’assaut contre le Capitole à Washington, le 16 juin 2022.

Echarpe en soie et chapeau de cow-boy sur des cheveux blancs, John Eastman est sorti de l’ombre, le 6 janvier 2021, dans le parc de l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Il est monté sur l’estrade, aux côtés de l’avocat Rudy Giuliani, pour haranguer la foule des partisans de Donald Trump. Au cours des dernières semaines de la présidence, cet avocat et enseignant en droit à la Chapman University a joué un rôle clé dans la préparation d’un coup d’Etat visant à empêcher au Congrès la certification de l’élection présidentielle du 3 novembre 2020, remportée par Joe Biden.

En ce même 6 janvier, Donald Trump s’avança ensuite à la tribune, face à la foule amère et résolue. « J’espère que Mike va faire ce qui est nécessaire. Je l’espère. Je l’espère, car si Mike Pence fait ce qui est nécessaire, nous gagnons l’élection. » Le président défait acheva son discours à 13 h 10. Une partie de l’assistance s’était déjà ébrouée en direction du Capitole, pour le prendre d’assaut. Certains appelaient à la pendaison du vice-président Pence.

Donald Trump, Mike Pence, John Eastman : trois acteurs majeurs d’un psychodrame à la Maison Blanche ayant presque causé un infarctus démocratique. Jeudi 16 juin, la troisième audition publique de la commission d’enquête de la Chambre des représentants a permis de reconstituer cette conspiration contre l’Amérique et son vernis juridique improbable, posant de façon aiguë la question de la responsabilité pénale de ses promoteurs. L’échec du coup tient à la résistance finale de Mike Pence, qui a refusé de bloquer la certification.

Une image extraite de la vidéo publiée par la commission d’enquête de la Chambre des représentants, montrant le Mike Pence et sa femme Karen marchant au Capitole le 6 janvier, lors de la troisième audition publique de la commission d’enquête sur l’assaut contre le Capitole à Washington, le 16 juin 2022.

C’est à lui que revenait la charge, en tant que président du Sénat, de passer en revue le 6 janvier les résultats de vote du collège électoral, en présence des deux chambres du Congrès. La commission lui a rendu hommage. En choisissant la Constitution plutôt que l’obéissance clanique, le vice-président s’est grandi au regard de l’histoire – après avoir servi Donald Trump sans réserve pendant quatre ans – mais il s’est condamné aux yeux du mouvement MAGA (acronyme du slogan trumpiste, Make America Great Again), tout acquis à la cause de son chef.

Pressions exercées par Trump sur le vice-président Pence

Le 14 décembre 2020, les membres élus du collège électoral se sont réunis dans tout le pays pour confirmer la victoire de Joe Biden, par 306 voix contre 232. Mais des certificats alternatifs et illégaux ont émergé dans une poignée d’Etats, produits par des républicains, déclarant Donald Trump vainqueur. Cette tactique, destinée à présenter la certification comme controversée, avait été formalisée début décembre 2020.

Il vous reste 75.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess