Assaut du Capitole : la commission d’enquête décrit comment Trump s’est « détaché de la réalité » après sa défaite électorale


Un tweet de l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump est projeté durant l’audition de la commission d’enquête sur l’assaut du Capitole, à Washington, le 9 juin 2022.

Le démontage dévastateur a commencé. Lundi 13 juin, la commission d’enquête sur l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole a offert une plongée ahurissante dans les coulisses de la Maison Blanche pendant les trois mois qui ont précédé ce jour funeste pour la démocratie américaine. De la défaite de Donald Trump face à Joe Biden lors de la présidentielle du 3 novembre 2020 jusqu’à l’attaque initiée par les partisans du président sortant, une campagne de mensonges sur des fraudes imaginaires a été lancée. Et ce alors que l’entourage le plus proche de Donald Trump, y compris des membres de sa famille, mettaient en doute la stratégie poursuivie.

Cette deuxième journée d’audition publique de la commission, composée de neuf élus de la Chambre des représentants, a confirmé que la séance inaugurale, le 9 juin, n’avait été qu’une mise en bouche. Conduite par deux démocrates, le président Bennie Thompson (Mississippi) et surtout Zoe Lofgren (Californie), cette séance était bâtie autour de séquences vidéo très efficaces donnant la parole à des conseillers politiques et juridiques de Donald Trump, et de plusieurs témoins présents devant la commission.

Le déroulé implacable a suivi une trame chronologique, à compter des premières dénonciations préventives de fraudes par Donald Trump, plusieurs mois avant le scrutin. Mais le véritable point de départ est la soirée du 3 novembre 2020, à la Maison Blanche. Une soirée vite transformée en réunion de crise, en raison de l’annonce par la chaîne Fox News de la victoire de Joe Biden en Arizona, un Etat décisif, traditionnellement républicain. Celle-ci a provoqué « colère et déception », selon Jason Miller, conseiller du président.

Bill Stepien, le directeur de campagne de Donald Trump, n’a pu comparaître devant la commission lundi, car son épouse accouchait au même moment. Toutefois, des extraits de son témoignage, recueilli en février, ont été riches en enseignements. Bill Stepien y décrivait un entourage présidentiel divisé en deux équipes, lui appartenant à la « team normal », qui ne voulait pas se précipiter en attendant la fin du dépouillement. « [Trump] pensait que j’avais tort. Il me l’a dit », se souvient Bill Stepien. « Les résultats étaient encore comptabilisés », dit Ivanka Trump, mal à l’aise, dans son témoignage. Son mari, Jared Kushner, conseiller spécial du président, se souvient d’avoir glissé à ce dernier : « Ce n’est pas l’approche que je prendrais si j’étais toi. » Mais Trump lui répondit : « J’ai confiance en Rudy. »

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via LeMonde

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