Assaut du Capitole : Steve Bannon, l’ex-conseiller de Donald Trump, se déclare prêt à témoigner


L’ancien conseiller à la Maison Blanche, Steve Bannon, le 24 octtobre 2018 à Elma (New York).

Le revirement est spectaculaire. Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, s’est déclaré prêt à comparaître devant la commission spéciale de la Chambre des représentants qui enquête sur l’assaut mené sur le Capitole, le 6 janvier 2021 par les partisans de l’ancien président américain.

Les membres de la commission ont dit, dimanche 10 juillet, avoir appris cette décision par une lettre d’un avocat de Steve Bannon qui est poursuivi pour avoir refusé depuis des mois de témoigner et de transmettre des documents à ladite commission.

Cette dernière – qui compte sept démocrates et deux républicains – se réunira notamment jeudi 14 juillet pour examiner la période de plus de trois heures pendant laquelle Donald Trump n’a pas agi alors qu’une foule de ses partisans prenait d’assaut le Capitole. Elle se prépare à diffuser certaines révélations contre l’ex-président. Le témoignage de Steve Bannon serait donc extrêmement précieux. « Je m’attends à ce que nous entendions parler de lui, et nous avons de nombreuses questions à lui poser », a déclaré la représentante démocrate Zoe Lofgren.

Jusque-là, l’ancien stratège de la Maison Blanche brandissait l’argument du privilège exécutif, invoqué par Donald Trump, pour justifier son refus de coopérer. Ce privilège, simple principe non défini par la loi, protège la confidentialité des échanges entre le président et ses proches.

La fin du privilège exécutif

La commission soutient qu’une telle défense est douteuse car, au moment des faits, Steve Bannon n’était plus conseiller du président – poste quitté en 2017 –, mais animateur d’un podcast conspirationniste immensément populaire. Selon la commission, Steve Bannon était donc un simple citoyen lorsqu’il conseillait Donald Trump à la veille de l’émeute du 6 janvier 2021.

D’après une lettre reçue par l’avocat de Steve Bannon, samedi, l’ancien président républicain – qui dénonce en permanence l’impartialité de la commission d’enquête – a déclaré qu’il renonçait à ce privilège exécutif. « Si vous parvenez à un accord sur une heure et un lieu pour votre témoignage, je renoncerai au privilège exécutif pour vous, ce qui vous permet d’aller témoigner honnêtement et équitablement, conformément à la demande de la commission non élue de voyous et de pirates politiques, » est-il écrit dans la lettre.

Depuis l’ouverture des audiences, la commission d’enquête a entendu de très nombreuses personnes liées à l’attaque du Capitole. Le mardi 28 juin,le témoignage de Cassidy Hutchinson, ex-assistante de Mark Meadows, le chef de cabinet du président lors des derniers mois de son administration, a révélé le rôle explosif de Donald Trump dans les émeutes.

Le représentant démocrate Jamie Raskin a suggéré que Steve Bannon « avait changé d’avis, et après avoir vu, vraisemblablement, toutes ces personnes se manifester, y compris Cassidy Hutchinson, a décidé qu’il voulait venir ».

Il pourrait comparaître mais choisir de ne pas répondre aux questions

La commission souhaite entendre Steve Bannon parce qu’il « avait des connaissances précises sur les événements prévus pour le 6 janvier avant qu’ils ne se produisent ». Elle cite en exemple des propos qu’il avait tenus sur son podcast, la veille de l’émeute.

« Ça ne va pas se passer comme vous pensez que ça va se passer. OK, ça va être assez extraordinairement différent. Tout ce que je peux dire, c’est de bien s’accrocher », avait-il déclaré dans le programme. « L’enfer va se déchaîner demain. (…) Tant de gens ont dit : “Mec, si j’étais dans une révolution, je serais à Washington.” Eh bien, c’est votre époque dans l’histoire », avait-il également ajouté.

Néanmoins, le degré de coopération dont fera preuve Steve Bannon devant la commission spéciale est inconnu. Il souhaiterait plutôt comparaître lors d’une audience publique devant la commission, mais cette dernière précise qu’il doit d’abord passer par un entretien privé, généralement dans le cadre d’une déposition sous serment. Il est possible que l’ancien stratège choisisse de comparaître mais refuse de répondre aux questions, invoquant son droit au cinquième amendement contre l’auto-incrimination.

Le Monde avec AP

via LeMonde

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