Attaques du M23 dans l’est de la RDC : « La racine du problème, c’est la faiblesse de l’Etat congolais et de son armée structurellement défaillante »


Identification d’un soldat congolais tué lors d’affrontements avec des militaires rwandais avant son rapatriement à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le 17 juin 2022.

Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont repris les hostilités en décembre 2021 et gagnent du terrain depuis dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce groupe armé, dont la dernière grande offensive remonte à 2012, s’est emparé, le 13 juin, de Bunagana, une ville stratégique à la frontière ougandaise.

Le pouvoir congolais accuse nommément son voisin rwandais de soutenir les insurgés et d’avoir commis des « crimes de guerre » sur son sol. L’Ouganda, qui intervient militairement dans l’est de la RDC avec l’aval des autorités congolaises, serait également impliqué.

Vendredi 17 juin, selon des sources sécuritaires, un soldat congolais aurait été tué et deux policiers rwandais et des civils blessés lors d’un échange de tirs à un poste frontière de Goma, entre la RDC et le Rwanda, dans un contexte de tensions extrêmes.

« Chacun se bat pour conserver sa zone d’influence dans cette région extrêmement riche en or, en étain et en autres minerais convoités », décrypte Jason Stearns, chercheur et fondateur du Groupe de recherche sur le Congo de l’Université de New York.

Que sait-on des rebelles du M23 ?

Jason Stearns Leur groupe est issu d’une rébellion historique, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), un mouvement impliqué dans la deuxième grande guerre du Congo (1998-2003) et soutenu par le Rwanda. Suite aux accords de paix de 2003, le RCD – qui contrôlait un tiers du pays – avait présenté un candidat à l’élection présidentielle de 2006 mais il ne récolta que 1,7 % des voix. Face à cet échec cuisant et à sa perte d’influence, une frange du mouvement créa une nouvelle rébellion, dont est issu le M23. Cette faction radicalisée s’est structurée autour de chefs tutsi congolais comme Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda [condamné en 2019 par la Cour pénale internationale (CPI) à trente ans de prison pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité »] et Sultani Makenga.

En 2012, le M23 avait réussi à s’emparer de Goma, la capitale du Nord-Kivu, mais il fut défait un an après par l’armée congolaise et les forces onusiennes. Les pressions américaines sur le régime rwandais furent également décisives car Kigali retira alors son soutien à la rébellion. Les commandants rebelles se réfugièrent dans des camps militaires au Rwanda et en Ouganda. Leur sort n’a toujours pas été tranché et, aujourd’hui, c’est l’une des revendications du M23 : être intégré à l’armée congolaise.

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via LeMonde

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