Au Brésil, le non-carnaval s’achève dans la résignation

Au Brésil, le carnaval a bien eu lieu… mais en miniature ! Pour cause de pandémie de Covid-19, l’unique défilé autorisé cette année fut en effet celui du « carnaval des maquettes ». Lancé en 2013, l’événement a rassemblé cette année pas moins de 32 « écoles de samba » de tout le pays, faisant chacune défiler au ralenti des centaines de petites poupées de danseurs et de musiciens, accompagnées de chars allégoriques en modèles réduits, le tout sur des pistes bordées de gradins, d’une longueur de 2 à 3 mètres…

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Le curieux défilé a été retransmis en début de semaine. « Ce fut un grand succès ! Du jamais-vu pour nous, qui sommes de petits artisans ! », se réjouit Raphael Khaleb, 34 ans, fondateur de la très officielle Union des écoles de samba de maquette (UESM). Et pour cause, poursuit le jeune homme : « Jusqu’à 1 000 personnes ont assisté au défilé en live : cinq fois plus que l’an dernier. Cela montre l’importance du carnaval pour les gens : avec ce défilé miniature, nous avons comblé un gros vide dans le cœur des Brésiliens. »

Le « carnaval des maquettes » n’est, en réalité, que l’une des multiples initiatives visant à pallier l’annulation du carnaval brésilien. De Salvador à Recife en passant par Sao Paulo et Rio de Janeiro, les festivités ont été interdites par les autorités locales afin d’éviter tout grand rassemblement, dans un pays qui déplore plus 240 000 décès liés à l’épidémie de Covid-19.

Près de 40 000 emplois

Pour l’occasion, de nombreux événements virtuels ont donc été organisés : concerts de samba en live, webséries, cours de maquillage, rediffusion télé d’anciens défilés… Sur les réseaux sociaux, et en particulier Instagram, chacun a posté ses photos costumées et hilares de l’édition de 2020. Témoignages mélancoliques du monde d’avant…

Parfois repoussé, le carnaval de Rio n’avait jamais été annulé. En mal de défilés et de fanfares de rue, les écoles de samba et autres professionnels de la fête ont accepté avec résignation la situation. « Le carnaval est une lutte du corps contre la mort. Dans ce sens, le carnaval aujourd’hui, ça veut dire rester à la maison », a tweeté Luiz Antonio Simas, grand historien carioca de la samba et du carnaval.

Des fêtards pratiquent la tradition du

Mais, pour Rio, il ne s’agit pas que de simples plumes et paillettes : le carnaval, c’est 2 millions de touristes et près de 40 000 emplois directs et indirects générés chaque année en seulement cinq jours. Pour venir en aide aux chanteurs, musiciens, mais aussi couturiers, peintres et sculpteurs de chars allégoriques, le maire de la ville, Eduardo Paes, passionné de carnaval, a débloqué une aide d’urgence de 3,2 millions de reais (488 000 euros) à destination des professionnels de la fête : une goutte d’eau, pour un événement qui a rapporté plus de 600 millions d’euros à la ville en 2020…

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via LeMonde

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