Au Brésil, Lula lance sa campagne pour la présidentielle dans la sobriété


L’ancien président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de l’annonce de sa candidature à la prochaine élection présidentielle d’octobre prochain, à Sao Paulo, le 7 mai 2022.

Par un matin froid et gris, ce samedi 7 mai, une foule joyeuse patiente aux abords de l’Expo Center Norte de Sao Paulo, au Brésil. Ce vaste hangar de béton, coincé entre des échangeurs routiers et des centres commerciaux sans âme, est pourtant un lieu des plus ingrats. Mais ni la météo maussade ni la tristesse des environs n’ont découragé les présents. Pour tous, il s’agissait en effet d’assister à un évènement historique : rien de moins que le lancement de la campagne de Luiz Inacio Lula da Silva comme candidat à la prochaine élection présidentielle.

Pas question de rater la mise en orbite de leur champion, leader incontesté de la gauche locale, décrit comme le « guerrier du peuple brésilien » et « meilleur président de tous les temps ». Aux côtés des militants du Parti des travailleurs (PT), vêtus de rouge pétant, se pressent ouvriers en gilet réflecteur orange, militants LGBT bardés de drapeaux arc-en-ciel, leaders indigènes à coiffes chatoyantes et supporteurs du club de foot de Corinthians en maillot noirs et blancs… toute la palette du lulisme s’est donné rendez-vous, déterminée à colorer la grisaille.

« Je suis très confiant, Lula sera le prochain président du Brésil ! », s’enthousiasme José, 75 ans, ancien travailleur du bâtiment, visage tanné et sourire en coin. Sur le parvis, l’ambiance est rieuse, sinon loufoque. Un homme en chapeau haut de forme bardé de coquillages en croise un autre coiffé d’un curieux masque de zèbre… L’actuel chef de l’Etat, Jair Bolsonaro, candidat à sa réélection, « n’a aucune chance de l’emporter. L’extrême droite a coulé le pays ! », assure Marcia, militante « PTiste » de 40 ans, noire et issue des périphéries de Sao Paulo.

Certes, la candidature de Lula n’a rien d’une surprise ni d’une première. A 76 ans, ce dernier fait figure de grognard de la politique locale, concurrent par cinq fois au scrutin suprême et président du pays durant deux mandats (2003-2011). Mais, pour lui comme pour ses soutiens, la campagne qui s’ouvre a une saveur particulière. Humilié, emprisonné durant 580 jours pour corruption, avant d’être libéré et de voir l’ensemble de ses condamnations en justice annulées, l’ex-métallo ne tient pas seulement à l’emporter dans les urnes. Pour lui, il s’agit aussi de laver son honneur bafoué et d’assurer sa place dans l’histoire.

« Le Brésil doit redevenir un pays normal »

Ce samedi, à l’Expo Center, chacun s’attendait donc à assister à un véritable « show », et voir le phénix brésilien renaître de ses cendres, dans ce déluge de flamme et de fougue dont il a le secret. Il n’en a pourtant rien été. Arrivé aux alentours de midi, Lula ne s’adonne finalement à aucun bain de foule. L’air ennuyé, voire bougon, le leader de la gauche échange un baiser avec sa fiancée, Rosângela da Silva, dite « Janja », une sociologue de 56 ans, avant de prendre le chemin du pupitre et de lire page à page son discours : une gageure pour ce tribun hors pair, habitué à haranguer la foule en improvisant et déambulant sur scène.

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via LeMonde

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