Au Burkina Faso, interdiction de « toute présence humaine » dans deux « zones d’intérêt militaire »


Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président de la transition au Burkina Faso, à Ouagadougou, le 7 mars 2022.

Le président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a décidé de créer deux « zones d’intérêt militaire » où toute « présence humaine est interdite », dans le nord du pays, afin de lutter contre les violences djihadistes meurtrières.

Lundi 20 juin, le président a réuni le Conseil supérieur de défense nationale (CSDN) « autour de la situation sécuritaire toujours préoccupante » dans le pays, « en dépit des efforts déployés par les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré lundi soir le commandant des opérations du théâtre national, le lieutenant-colonel Yves Didier Bamouni. « Le CSDN a décidé de la création de deux zones d’intérêt militaire notamment dans les régions de l’est et du Sahel [nord] », a-t-il indiqué, précisant que cette décision a été prise « pour plus d’efficacité dans les épreuves de lutte contre l’hydre terroriste ».

Les zones concernées sont une partie de la province du Soum (nord), frontalière avec le Mali, et les réserves protégées entre Pama et le parc du W (est), réputées pour être des repaires de djihadistes. Dans ces secteurs, toute activité ou présence ou humaine sera interdite au risque de s’exposer « aux opérations militaires qui y seront conduites sous peu », a précisé M. Bamouni. Ces annonces interviennent dix jours après le massacre de Seytenga (nord), où 86 civils ont été tués par des djihadistes – une des pires tueries de l’histoire du pays.

Une brigade de supplétifs civils

Le CSDN a également décidé de créer une brigade de veille et de défense patriotique, qui va regrouper l’ensemble des volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des supplétifs civils déjà engagés dans la lutte antidjihadiste dans les différentes communes du pays. Le lieutenant-colonel Bamouni a également prévenu que tout membre des forces armées qui abandonnerait sa position ou son matériel « s’exposera à des poursuites disciplinaires et pénales ».

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences, attribuées à des mouvements armés djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI), qui ont fait des milliers de morts et 1,9 million de déplacés. Fin janvier, le lieutenant-colonel Damiba a renversé Roch Marc Christian Kaboré, accusé d’avoir été incapable d’enrayer la violence djihadiste. Il a fait du rétablissement de la sécurité sa « priorité ».

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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