Au Burkina, le président du patronat se défend de tout « trafic » avec les djihadistes

Accusé d’être « au cœur d’un trafic à la croisée d’intérêts terroristes », le président du patronat burkinabé, Apollinaire Compaoré (sans lien familial avec l’ex-président Blaise Compaoré), s’est défendu, mardi 23 mars, de ces « allégations mensongères et malveillantes ».

M. Compaoré, 67 ans, a été mis en cause mi-mars par le journal d’investigation L’Evénement, selon lequel « les milliards de cigarettes qu’Apollinaire Compaoré achemine à travers le Burkina Faso financent les groupes armés et alimentent un conflit en ébullition qui tue des centaines de personnes chaque année ». Selon cette enquête, l’homme d’affaires, présenté comme l’un des « plus riches du Burkina Faso », a gagné « des millions grâce à la contrebande de cigarettes Philip Morris à travers l’Afrique de l’Ouest ».

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« Ces allégations et accusations malveillantes sont aussi graves qu’infondées et inacceptables », a déclaré à la presse M. Compaoré. Il affirme que ses « sociétés n’ont jamais exercé et n’exerceront jamais des activités de contrebande, de même qu’elles n’ont jamais travaillé et ne travailleront jamais, directement ou indirectement, avec des groupes armés ou terroristes, et n’ont jamais financé une activité illicite ».

Un marché « surapprovisionné » par l’industrie du tabac

Un autre article publié par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, un réseau international de journalistes et de centres d’investigation, révèle que « le marché burkinabé est volontairement surapprovisionné par l’industrie du tabac », précisant que « les deux tiers sont en réalité destinés à la contrebande qui servira à alimenter les groupes terroristes ».

Les deux articles pointent la Société burkinabée d’exportation (Soburex), propriété d’Apollinaire Compaoré, détentrice d’un entrepôt à Markoye (nord) qui approvisionnerait les trafiquants de cigarettes. Reconnaissant avoir détenu « en toute légalité » un entrepôt de cigarettes dans cette ville, M. Compaoré a affirmé que celui-ci était fermé depuis 2018 en raison des attaques djihadistes ciblant le Burkina Faso depuis 2015.

Ces accusations ont suscité un tollé dans le milieu des affaires, beaucoup de patrons restant toutefois dubitatifs en l’absence de « preuves ». Elu à la tête du patronat burkinabé en octobre 2018, M. Compaoré, qui évolue dans le milieu des affaires depuis 1968, dirige le groupe Planor Afrique, un conglomérat (télécoms, assurances, banques) au chiffre d’affaires cumulé de 268 millions d’euros en 2019 et qui emploie plus de 2 000 personnes.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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