Au Danemark, le footballeur Christian Eriksen inspire les « coureurs du cœur »

LETTRE DE COPENHAGUE

Des supporters danois affichent une bannière en soutien au joueur Christian Eriksen, au stade Parken, à Copenhague, le 17 juin 2021.

Le 12 juin, Janni Moller Thomsen, 39 ans, était au Parken Stadium à Copenhague. Elle se souvient d’une ambiance survoltée. Dans les gradins, une marée rouge attend le coup d’envoi de l’Euro 2020, reporté d’un an pour cause de pandémie de Covid-19. Ce jour-là, l’ambiance rappelle une fête nationale. Après deux confinements et des mois de restrictions, la vie reprend ses droits. « Même les gens qui ne sont pas de gros amateurs de foot ont regardé le match », assure Janni Moller Thomsen.

La rencontre débute à 17 heures. les Danois affrontent les Finlandais, pour qui c’est la première participation à un tournoi international. Menés par leur capitaine Simon Kjaer, les Rouge et Blanc poussent les Hiboux Grand-Ducs finlandais dans leurs retranchements, quand soudain, à la 43e minute, le milieu offensif Christian Eriksen, 29 ans, s’effondre sur la pelouse. La suite se déroule en quelques instants : l’équipe médicale se précipite sur le terrain, administre les premiers gestes de réanimation cardiorespiratoire, puis donne un coup de défibrillateur au joueur inanimé.

L’attente est interminable. L’effroi gagne les spectateurs, conscients de la gravité de la situation. Finalement, au bout d’une quinzaine de minutes, Christian Eriksen quitte le stade sur un brancard. Il est conscient. Les médecins confirment, un peu plus tard : le cœur du footballeur s’est bien arrêté de battre pendant quelques minutes. Au Danemark, des centaines de milliers de spectateurs viennent d’assister à sa « résurrection ».

Pour Janni Moller Thomsen, c’est le déclic : il y a quelque temps, sur son téléphone, elle a téléchargé l’application Hjertelober – « les coureurs du cœur » – mais ne l’a jamais activée. « Mes cours de secourisme remontaient à trois-quatre ans, je pensais que ce n’était pas suffisant », confie cette ancienne militaire, salariée d’un club de sport et d’une entreprise de logiciels. En voyant le sauvetage de Christian Eriksen sur la pelouse du Parken Stadium, elle décide d’activer l’application : « Je me suis dit que je pouvais faire une différence. »

Elle n’est pas la seule : en quelques jours, un nombre record de Danois se sont inscrits au programme Hjertlober, qui rassemble plus de 117 000 volontaires (dans un pays de 5,8 millions d’habitants). Quelque 6 500 l’ont rejoint depuis le 12 juin. « Les gens ont compris ce jour-là que la seule chose qu’ils pouvaient faire de mal était de ne rien faire », résume Fredrik Folke. Cardiologue, il travaille avec la Fondation TrygFonden, chargée du programme.

Il vous reste 57.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess