Au Groenland, un projet minier fait tomber le gouvernement

A Kulusuk, au Groenland, où un projet minier sème la discorde et relance le débat sur l’avenir de ce territoire autonome danois menacé par le réchauffement climatique, mais en quête de ressources pour son éventuelle indépendance. Le 16 août 2019 A Kulusuk, au Groenland, où un projet minier sème la discorde et relance le débat sur l’avenir de ce territoire autonome danois menacé par le réchauffement climatique, mais en quête de ressources pour son éventuelle indépendance. Le 16 août 2019

Depuis qu’il avait été remplacé à la tête de son parti, en novembre 2020, le premier ministre groenlandais, Kim Kielsen, se trouvait sur un siège éjectable. Après l’implosion de sa coalition gouvernementale, début février 2021, les membres de l’Inatsisartut, le Parlement local, lui ont infligé un vote de défiance, mardi 16 février, ne lui laissant d’autre choix que d’accepter la tenue d’élections anticipées le 6 avril, avec un an d’avance sur le calendrier.

A la tête du territoire autonome danois depuis 2014, Kim Kielsen, ancien leader du parti Siumut (social-démocrate), avait vu s’aiguiser les critiques contre sa gestion des affaires. « On lui reproche son manque de communication et sa gouvernance très verticale », commente Rasmus Leander Nielsen, chercheur en sciences sociales à l’université du Groenland.

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Depuis l’élection d’un de ses opposants, Erik Jensen, à la direction du Siumut, le 29 novembre 2020, Kim Kielsen savait ses jours comptés à la tête du gouvernement. La controverse autour d’un projet minier, dans le sud de l’île, est à l’origine de l’accélération des événements. Outre des terres rares, indispensables à la production de smartphones, d’éoliennes ou de voitures électriques, le gisement de Kvanefjeld (Kuannersuit, en groenlandais), contient de l’uranium et du fluorure de sodium, dont l’extraction inquiète les riverains et les organisations écologiques.

En 2010, la compagnie australienne Greenland Minerals, soutenue par la société chinoise Shenghe Resources qui en est le principal actionnaire, a obtenu une licence pour l’exploration de la montagne, à quelques kilomètres de la commune de Narsaq. Les autorités groenlandaises ont rejeté à trois reprises l’étude d’impact environnemental présentée par la société, avant de l’approuver finalement, en septembre 2020.

« Failles »

Greenland Minerals n’avait plus qu’à organiser des consultations publiques, avant de déposer une demande d’exploitation. La majorité gouvernementale soutenant le projet, le feu vert semblait acquis. C’était compter sans le coup de théâtre du 26 janvier 2021 : dans un post de blog, publié sur le site du Siumut, la vice-présidente, Vivian Motzfeldt, suggère de reporter les consultations publiques.

Dans son message, elle mentionne la pandémie de Covid-19, qui restreint l’affluence et empêche certains experts internationaux de participer aux réunions. Mais le parti Demokraatit, une formation de droite membre de la coalition gouvernementale, y voit « un nouveau signe de la guerre civile qui sévit au sein du Siumut », selon Rasmus Leander Nielsen. Et ses ministres, excédés, ont décidé de quitter le gouvernement.

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via LeMonde

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